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Le blog de Emmeline et Jean-Edouard | Mafeco

Le blog de Emmeline et Jean-Edouard

Une approche microéconomique des spéculations sur le prix Nobel d'économie (PBSSEMAN)

Il y a dix jours nous avions mis en doute la pertinence des prédictions sur le lauréat 2010 du prix Nobel d’économie par les marchés de pairs en ligne en prenant l’exemple des cotes de Ladbrokes. Le trio 2010 semble nous avoir donné au moins partiellement raison puisque aucun des trois lauréats n’était coté, tandis que les trois économistes en tête des cotes, qui se voyaient créditer d’une chance de 25% de remporter le prix, ne l’ont pas eu.

Ce résultat est surprenant après toute l’excitation qu’il y a eu autour des marchés prédictifs, censés pouvoir prévoir de manière fiable les résultats des élections, la croissance économique, et même les attaques terroristes. Excitation qui s’est étendue à divers marchés de paris, même quand ils ne sont pas organisés comme des « marchés prédictifs ».

Les arguments avancés sont de deux ordres assez différents :

1. Les paris permettent d’agréger l’information d’un grand nombre de participants ; de plus, les personnes avec une meilleure information parient plus [sous l’hypothèse qu’elles sont conscientes d’avoir une meilleure information sans avoir une aversion au risque différente du reste de la population] et ont donc plus de poids dans la prédiction finale ; enfin, personne n’a intérêt à mentir (contrairement aux personnes répondant à des sondages par exemple) puisque cela s’avère coûteux.

2. Dans le cas d’événements rares avec des cotes très asymétriques, si une personne a de l’information privée indiquant que l’événement rare va survenir, ses incitations à parier sont énormes. C’était l’argument pour un marché de paris sur les attaques terroristes : les terroristes eux-mêmes, qui c’est bien connu sont des gens rationnels et motivés exclusivement par l’argent, auraient intérêt à parier (on peut se demander si ça ne donne pas aussi des incitations à monter des attaques terroristes soi-même, tant qu’à faire).

Ces deux idées ne sont pas fausses - mais simplistes, reposant essentiellement sur une sorte d’application aveugle de l’idée d’efficience des marchés. Or, quand on se penche sur la microéconomie de ce type d’environnement, leur efficience informationnelle est souvent plus que douteuse.

Petite illustration avec le Nobel d’économie, sur lequel les marchés de paris n’ont pas été très bons les deux dernières années. Notons d’abord qu’il n’était pas du tout impossible de prévoir la cuvée 2010, puisqu’elle était annoncée par un sondage mené à Northwestern (pour le plaisir il faut aussi lire ce billet), auquel on peut donner deux interprétations : soit les personnes interrogées ont un biais pour le nom qu’ils préfèreraient voir l’emporter, et coup de chance Mortensen est justement professeur à Northwestern, soit il y avait eu des fuites et Mortensen savait qu’il avait des chances de l’emporter cette année, et en avait fait part à quelques collègues [soit encore, troisième interprétation, les sondés se sont montrés conséquentialistes, ce qui est Bien : leurs réponses n’allaient pas influer sur le choix, mais montrer à Mortensen que ses collègues croyaient en lui allait sûrement lui faire plaisir, et donc il offrirait plus de cafés à la machine]. On voit d’ailleurs ici un graphe très intéressant où l’on voit les votes selon le département auquel appartient le votant et qui montre que Tirole est très populaire auprès des financiers, alors que Thaler (pourtant parmi les premiers au classement Ladbrokes) n’est cité que par des économistes !

On peut en déduire une première chose : l’économie est un champ très spécialisé, où les spécialistes d’un champ connaissent en général très mal les autres champs et leurs principaux chercheurs. Si vous faites un sondage même au sein d’une université, il risque fort d’y avoir un biais en faveur des noms les plus connus : n’importe quel économiste, même actif dans un champ qui n’a rien à voir, connaît (sinon il y a un problème) le nom de Tirole et sait qu’il est sur la liste des nobélisables depuis plusieurs années. Il n’est donc pas surprenant que Tirole arrive dans le trio de tête pour tous les départements de Northwestern sauf le département d’économie.

En revanche, dans ce département, soit beaucoup de gens savaient/espéraient que ce serait Mortensen, soit étant davantage spécialistes ils avaient compris qu’il avait peu de chance d’être récompensé si peu de temps après la triplette du mechanism design et Williamson l’an dernier. Il est amusant de noter qu’inversement Fama et Thaler sont cités par des économistes et pas du tout par des financiers : peut-être des économistes pensant qu’avec la crise financière il y a des chances que la finance soit récompensée, et citant des noms qu’ils connaissent ?

Le biais ici est évident : votent avec la même pondération des gens qui savent qu’ils ont beaucoup moins d’information que d’autres sur qui sera le prochain prix Nobel, et des gens qui savent qu’ils ont plus d’information que la moyenne. C’est justement ce qu’un marché de paris est censé corriger : les parieurs avec beaucoup d’information miseront de plus grosses sommes et auront un plus gros impact sur les cotations.

Malheureusement, ce type d’argument ne s’applique que modérément dans la plupart des marchés de paris. Supposons par exemple que quelqu’un ait su avec certitude que Mortensen aurait le Nobel. Il aurait alors – en supposant qu’il soit légal d’utiliser cette information - dû parier sur Mortensen à n’importe quel prix ; pour aller au bout de la logique, il aurait dû miser toute sa fortune personnelle sur Mortensen, voire emprunter pour miser encore davantage, et faire parier sa famille et ses amis. C’est le mécanisme qui permettrait théoriquement à un marché de prédire efficacement les attaques terroristes. Sauf que si tout le monde anticipe que des personnes avec une information aussi précise peuvent parier, personne ne voudra prendre de paris, la sélection adverse étant trop importante. Pour cette raison, on interdit en général les paris de trop grande taille (n’oublions pas que le but d’un bookmaker est de faire du profit, si possible sans risque, pas d’arriver à une prédiction efficace) – notons au passage que ça ne résout pas entièrement le problème : si Hervé Morin a pu être candidat à la députation via son chauffeur, bien des gens pourront avoir recours aux services de tiers complaisants pour assouvir leur soif de paris.

Conséquence immédiate : si l’information disponible à traiter se compose d’une multitude de signaux peu informatifs mais avec une faible variance, i.e. d’avis de beaucoup de personnes qui ne s’y connaissent chacune pas beaucoup, alors un marché de paris peut être assez efficace, comme lorsqu’il s’agit de prédire le résultat d’une élection présidentielle par exemple. Mais dans ce cas l’intérêt par rapport à un sondage n’est pas évident. Inversement, lorsqu’on confronte à quelques parieurs effectivement bien informés un nombre important de gens très fortement biaisés, ce qui à mon avis est typiquement le cas du prix Nobel d’économie, il y a peu de chances que ce type de marché arrive à grand-chose : les paris des plus informés seront noyés dans la masse des paris.

Autre problème, plus direct encore. Ladbrokes ne cotait même pas les Nobel de cette année. Si quelqu’un savait avec certitude que Mortensen aurait le Nobel, il ne pouvait pas parier sur lui, et il ne pouvait pas non plus parier contre les autres. Donc il ne pouvait rien faire pour se servir de son information. On voit qu’il y a une grande différence entre parier sur un événement sportif du type « est-ce A ou B qui va remporter tel match de football » où tous les événements possibles sont cotés, et sur un événement plus ouvert comme l’attribution d’un prix Nobel, où on ne peut pas donner de cotations pour toutes les personnes susceptibles de remporter le prix.

Il devient alors important de savoir comment les bookmakers sélectionnent la liste des économistes cotés. On remarque d’ailleurs que leur liste est bien plus courte que l’an dernier - avaient-ils fait des pertes sur Ostrom et Williamson ? Ont-ils justement voulu éviter d’être la victime d’ insiders en ne cotant que des noms très connus ? Ont-ils simplement considéré qu’ils gagneraient bien plus d’argent en cotant des noms très connus qui attireraient beaucoup de parieurs, plutôt que des noms peu connus où ils n’attireraient que des parieurs avec de l’information privée ? En tout cas, il faut bien prendre en compte que le but des bookmakers en sélectionnant les noms cotés est encore une fois de faire du profit, pas de donner de bonnes prédictions.

Du moment que certains noms ne sont pas cotés, on a un parallèle intéressant avec les effets de l’interdiction des ventes à découvert en finance. Supposons que Thaler par exemple démarre à 100 contre 1. Tous les parieurs qui pensent qu’il a plus de 1% de chance de gagner le prix parient sur lui. Les cotes s’ajustent et Thaler passe à 60 contre 1. Tous ceux qui pensent qu’il a plus de 1 chance sur 60 de l’emporter parient. La cote passe à 10 contre 1. Tous ceux qui pensent qu’il a plus de 10% de chances parient sur lui, mais ceux qui pensent qu’il a moins de 10% de chances ne peuvent rien faire (sauf s’ils pensent qu’un autre des noms listés est sous-évalué ; mais dans tous les cas la cote de Thaler ne leur est plus d’aucun usage).

Ainsi, s’ils pensent qu’il a moins de 10% de chances parce que Mortensen a plus de 90% de chances, par exemple, ils ne peuvent pas parier du tout. Au fur et à mesure que les paris continuent, la cote monte et ne parient que les personnes de plus en plus optimistes quant aux chances de Thaler. Bien sûr le même phénomène se produit simultanément pour les autres noms, et les effets se compensent un peu. Mais il doit être possible de montrer que si certains noms sont connus de beaucoup plus de gens et/ou que les signaux sur leur chance ont une variance beaucoup plus élevée (i.e. tout le monde donne plus ou moins les mêmes chances à Tirole, tandis que pour Thaler certains y croient dur comme fer et d’autres pas du tout), les cotations seront in fine biaisées vers ceux-ci.

Exactement de la même façon, lorsque les ventes à découvert sont interdites ou au moins difficiles, on ne peut pas faire baisser le prix d’un actif que l’on estime surévalué, et le prix de l’actif est en fait déterminé par les agents les plus optimistes. C’est une raison très simple pour laquelle des bulles peuvent émerger, et une bonne raison pour ne pas suivre les appels mal informés à interdire les méchantes ventes à découvert qui font chuter les cours (car les cours hauts, c’est Bien). Mais ce sera le sujet d’un prochain billet sur les crises financières.

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