Une carte de la théorie économique
Jean-Edouard — 29/06/2012 - 23:08
Note : Emmeline et moi partons en vacances une semaine et nous ne pourrons pas répondre aux commentaires. En revanche nous avons enfin installé un système de Captcha, pour que les commentaires soient publiés même en notre absence, ce qui fera gagner du temps à tout le monde (les abus continueront en revanche à être punis, mais les abusants auront une semaine de répit).
J’ai souvent fait référence sur ce blog et ailleurs au fait que selon moi la méthode utilisée par la théorie économique consistait souvent à partir d’un modèle extrêmement simplifié délivrant un résultat contrefactuel, avant de relâcher une à une les différentes hypothèses simplificatrices pour voir lesquelles expliquaient l’écart entre le contrefactuel et la réalité, et donc lesquelles sont importantes pour comprendre le problème étudié.
C’est une méthode qui est rarement bien comprise par les néophytes, tout simplement parce qu’en général ils s’arrêtent au modèle de base. Soit parce qu’ils ont eu un ou des cours d’introduction qui ne sont pas allés plus loin, soit parce qu’ils ont cherché par eux-mêmes ce que racontait la science économique et se sont arrêtés en tombant sur des premières conclusions qui leur semblaient absurdes.
Sur ce blog, nos billets sur le théorème de Modigliani-Miller et la privatisation de la Poste étaient censés illustrés cette méthode, mais certains commentaires montraient qu’elle avait du mal à passer. Plus généralement, beaucoup de gens qui ont eu un cours d’introduction à l’économie dans leur parcours sont convaincus que le message final de la science économique est que le marché est optimal, ce qui les conduit à rejeter totalement ou admirer bêtement la science économique, selon leurs préférences idéologiques.
Un seul remède : montrer par l'exemple que le modèle de base n'est justement qu'une base, et tout ce qu'on peut faire à partir de là. C'est exactement ce que j'ai essayé de faire dans un de mes cours, pour lequel j’ai établi une « carte » de la théorie économique, montrant qu’en partant du modèle de base (c’est-à-dire équilibre concurrentiel partiel) et en relâchant hypothèse après hypothèse on pouvait retrouver toute la théorie économique. Voici la carte en question (cliquer sur l’image pour l’agrandir), que j’explique et commente par la suite. Elle est malheureusement en anglais, je l’avais préparée pour un cours dans cette langue :

Cliquer ici pour un pdf plus joli, et surtout plus grand
On peut bien sûr discuter de la carte, qui est évidemment incomplète (difficile notamment de caser des champs plus transversaux comme la théorie du choix social ou la théorie des jeux coopératifs), et parfois quelque peu arbitraire. Je pense néanmoins que beaucoup d’économistes partageraient cette vision du développement de la discipline. C’est utile aussi pour voir les endroits qui sont peut-être restés un peu sous-explorés.
Commençons par les hypothèses de ce que j’appelle le « modèle de base », l’équilibre concurrentiel partiel, c’est-à-dire celui sur lequel implicitement ou explicitement on travaille dans un cours d’introduction, et aussi celui sur lequel se basent implicitement beaucoup de commentateurs qui commencent leurs phrases par « l’économie nous enseigne que » :
1- Concurrence parfaite : les vendeurs et les acheteurs ne pensent pas pouvoir affecter le prix de marché par leur comportement. L’hypothèse habituellement utilisée pour justifier ce point est que l’on considère un marché avec beaucoup d’acheteurs et de vendeurs.
2- Une seule période : pas de possibilité d’attendre pour acheter ou vendre par exemple.
3- Un seul marché : on est en équilibre partiel. Pour que cette simplification soit valable il faut considérer un « petit » marché, c’est-à-dire tel que les biens achetés représentent une faible part de la consommation totale.
4- Marché sans frictions : tout le monde voit le prix de marché au même moment et peut échanger autant d’unités du bien qu’il veut au prix de marché. C’est une hypothèse sur laquelle on n’insiste pas d’habitude mais elle est fondamentale.
5- Agents rationnels : les consommateurs sont supposés se comporter de manière rationnelle au niveau agrégé, de même que les firmes. A vrai dire dans un monde parfaitement concurrentiel les firmes agissent nécessairement de manière rationnelle (celles qui ne minimiseraient pas leurs coûts feraient des pertes et fermeraient).
6- Seulement des biens privés purs : pas d’externalités dues à la consommation ou à la production notamment, pas de biens non rivaux etc.
7- Information complète : ce qui veut dire à la fois qu’il n’y a pas de risque sur ce marché (par exemple les coûts de production et les paramètres de la demande sont connus avec certitude), mais aussi qu’il n’y a pas d’asymétrie d’information (les acheteurs connaissent la qualité du produit).
8- Alignement entre les intérêts des firmes et de leurs actionnaires : là enore dans un cadre parfaitement concurrentiel ce ne serait qu'à moitié une hypothèse.
Nous avons donc 8 hypothèses de base. Ma thèse est que presque tous les champs de la théorie économique peuvent se retrouver comme le résultat de l’abandon d’une combinaison de ces 8 hypothèses.
Commençons par les relâcher une à une : si on relâche 1, on est conduit à étudier la concurrence imparfaite, ce qui nous mène vers la théorie des jeux et l’organisation industrielle. Si on relâche 2, il faut étudier les problèmes dynamiques, l’épargne et l’investissement notamment. Relâcher 3 mène naturellement vers l’équilibre général (où l’on relâche en fait 2,3 et 7 d’un seul coup). Relâcher 4 demande d’étudier des marchés de « search » (comme dans le précédent billet), ou la négociation bilatérale par exemple. Relâcher 5 est le domaine de l’économie comportementale. Relâcher 6 mène vers les thématiques de l’économie publique, la prise en compte des externalités, des biens publics etc. L’hypothèse 7 peut être relâchée de plusieurs manières : dans un premier temps on peut étudier une situation d’information incomplète mais symétrique (tout le monde a la même information imparfaite), ce qui mène à l’économie du risque, puis une situation d’information incomplète et asymétrique, ce qui mène à l’économie de l’information, la sélection adverse etc. Les théories de la firme et la finance d’entreprise s’attachent à relâcher l’hypothèse 8.
Sans surprise, les économistes ont donc étudié ce qui se passait quand on relâche chacune des hypothèses de base séparément. Mais ils sont allés beaucoup plus loin en étudiant un grand nombre de combinaisons possibles.
Cela nous donne beaucoup de nouveaux champs. Ceux que j’ai mis en bleu sont des domaines théoriques, ceux qui sont en verts seraient considérés par des théoriciens « fondamentaux » comme des domaines plus appliqués (de mon point de vue c’est purement arbitraire).
On peut s’amuser pour un champ donné à retrouver les hypothèses qui ont été levées. Prenons par exemple la microstructure des marchés financiers, l’un de mes champs de recherche. Par définition il faut d’abord être dans un cadre où les marchés financiers existent. Pour cela on a d’abord besoin de la théorie financière de base qu’est la finance néoclassique. D’un certain point de vue c’est une application de la théorie de l’équilibre général : on a relâché 2, 3 et 7, en remplaçant information complète par incomplète mais symétrique. Par définition la microstructure étudie les mécanismes grâce auxquels se déroulent les échanges, ce qui n’a de sens que si ce mécanisme n’est pas le mécanisme sans frictions du modèle de base. On a donc aussi relâché 4. Typiquement on prend également en compte l’asymétrie d’information sur les marchés financiers, donc on relâche encore plus 7. Dans certains cas on peut même aussi relâcher 1, 5 ou 8, même si je n’ai pas à l’esprit d’article qui fasse tout à la fois.
Bien sûr, quand je parle de relâcher une hypothèse, je ne veux pas dire qu’on la supprime purement et simplement. En général on la remplace par une hypothèse moins forte mais qui reste simplificatrice. Par exemple quand l’économie comportementale relâche l’hypothèse de rationalité, ce n’est pas pour supposer que les individus font tout et n’importe quoi, mais pour avancer des hypothèses alternatives étayées par des expériences en laboratoire. De plus, comme très vite les modèles deviendraient totalement incompréhensibles, on essaie en général de se concentrer sur le fait de relâcher une ou deux hypothèses clés, en simplifiant au maximum les problèmes qui ont été étudiés par ailleurs. Par exemple quand Akerlof relâche l’hypothèse d’information symétrique pour étudier le marché des voitures d’occasion, il revient à un marché très simplifié, parce que sortir la grosse machinerie de l’équilibre général n’aurait pas un intérêt incroyable.
Un point à remarquer, c’est que chaque « flèche » peut facilement faire penser à un article ou un auteur particulier. En fait, on peut même dire qu’être l’auteur d’une nouvelle flèche ouvre des droits au prix Nobel. Arrow et Debreu sont associés à la case « Equilibre général », Arrow tout seul à « Economics of risk and uncertainty », Kahneman à « Economie comportementale », Stiglitz, Spence et Akerlof à « Marchés en information asymétrique », Mortensen, Diamond et Pissaridès aux marchés de « search », Maskin, Myerson et Hurwicz à « Mechanism design », et pour les théoriciens des jeux c’est vraiment facile : Nash pour « jeux statiques », Selten pour « Jeux dynamiques », Harsanyi pour « Jeux en information imparfaite », etc. Il est donc facile d’obtenir un prix Nobel en essayant les combinaisons qui n’ont pas encore été bien explorées (il y a des pièges quand même, car je n’ai pas mis tous les liens possibles).
Pour conclure, je pense qu'on peut se servir de cette carte et du raisonnement consistant à lever les hypothèses une à une pour définir la science économique contemporaine, que d'aucuns qualifieront de mainstream. Une nouvelle idée ou approche en économie a d'autant plus de chances d'être reconnue qu'elle est facile à situer sur la carte. Ainsi Kahneman et Tversky ne sont évidemment pas les premiers à avoir étudié l'irrationalité, mais ce sont probablement les premiers à avoir présenté leurs travaux comme une extension de la théorie standard, comme une nouvelle "flèche". Leurs travaux ont donc été bien accueillis, parce qu'il était facile de les situer.
Quand deux économistes qui ne travaillent pas du tout sur les mêmes domaines se présentent, ils ne sont pas loin de dire "Bonjour, je m'appelle X, je travaille dans un champ qui consiste à relâcher les hypothèses 3, 4, 7 et 8" - "Enchanté, vos recherches ont l'air très intéressantes. Je m'appelle Y, et quant à moi je relâche 2, 5, et 7." Difficile en revanche de présenter l'un à l'autre un économiste "mainstream" et un économiste "hétérodoxe". Qu'il soit post-keynésien, marxiste, "institutionaliste" ou que sais-je, il part en général directement d'un monde assez complexe ou aucune des hypothèses 1 à 8 n'est valide. Je suis d'ailleurs convaincu qu'à force de relâcher de plus en plus d'hypothèses on finira par aboutir à une vision du monde économique aussi complexe que celles que proposent diverses hétérodoxies. On gagne probablement en clarté et en scientificité à progresser ainsi étape par étape. On gagne aussi en pédagogie : rien de plus simple que d'enseigner l'économie "mainstream", il suffit de montrer le modèle de base et d'enlever une à une les différentes hypothèses sous les yeux ébahis des étudiants. En quelques années (mais pas en quelques heures, ni d'ailleurs en quelques ouvrages, sauf s'ils sont particulièrement bien choisis) ceux-ci peuvent acquérir une très bonne vision du champ économique entier. Je doute que dans le même temps quelqu'un qui voudrait se former à l'économie marxiste ou à l'économie postkeynésienne aille aussi loin, mais je peux me tromper. Evidemment on perd aussi beaucoup en temps : il a fallu des décennies pour arriver à des théories un peu riches, intégrant notamment les problèmes d'information et de concurrence imparfaite. Il y a donc un arbitrage à faire, que reconnaissait déjà Solow : face aux théories extraordinairement riches et complexes de Galbraith, il demandait aux économistes d'être de "petits penseurs", progressant lentement et de manière incrémentale. Sur le long terme je pense que c'est une stratégie qui s'est avérée payante. D'un autre côté il est bien connu qu'à long terme nous serons tous morts. Peut-être y a-t-il un arbitrage à faire entre scientificité et implications immédiates des théories scientifiques ? C'est une question philosophique que je laisse en exercice au lecteur pendant que je prends une semaine de vacances.
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Merci beaucoup pour ce
serenis cornelius — 02/07/2012 - 09:36Merci beaucoup pour ce travail dont l'intérêt pédagogique me semble effectivement très opportun. Partir du modèle de base avant d'en relâcher progressivement les hypothèses permet en effet d'aboutir à des problématiques plus concrètes tout en se familiarisant avec un certain vocabulaire et, surtout, une certaine manière de penser.
Deux difficultés cependant qui me semblent intéressantes à signaler :
1) Vous écrivez : " le modèle de base n'est justement qu'une base". D'accord. Sur le plan heuristique je ne vois pas de problème, au contraire. En revanche, il est beaucoup plus difficile d'expliquer qu'il sert aussi fréquemment de "référence" en ce sens que nombre de situations obtenues suite au relâchement des hypothèses sont "jaugées" à l'aune de l'équilibre obtenu sur le modèle de base. La normativité du modèle de base pose alors problème dès lors que le modèle de référence peut être jugé absurde.
2) Comment inscrire dans le schéma général les auteurs classiques ainsi que les principaux courants dits "hétérodoxes" sans tomber dans les caricatures et des oppositions trop courantes aujourd'hui encore ? A cette question, hors-sujet ou presque, je n'ai malheureusemehnt pas de réponse claire. C'est pourquoi je la pose, aux cas où vous-mêmes et/ou des "commentateurs" auraient quelques idées à son sujet.
Et bonnes vacances à tous deux. J'espère que vous n'êtes pas dans les Alpes, vu le temps qu'il y fait en ce moment...
Je propose une réponse
Visiteur discret mais bienvenu — 02/07/2012 - 18:46Je propose une réponse partielle à partir de mes modestes connaissances
Est-ce que les auteurs classiques ne prenaient pas implicitement comme hypothèse le modèle de base, voire le définissaient (ex: la main invisible, les avantages comparatifs, les travaux de Say...) ?
Je pense aussi que les auteurs classiques ont exprimé leur "avis" sur tel ou tel domaine, certains de des avis pouvant être casés dans un domaine (la division du travail irait dans la case "macroeconomics", le rôle de l'Etat pour Smith et l'équivalence ricardienne dans la case "économie publique"...), d'autres non car touchant à une autre science que l'économie (la définition de la "richesse [des nations]" à la philosophie, le principe de population malthusien à la démographie...).
Enfin, certains travaux des classiques portant sur des raisonnements à long terme (croissance des marchés consécutive de la division du travail chez Smith, état-stationnaire...) ne relâchent-t-il pas 2 ? Ne faudrait-il pas alors ajouter une nouvelle flêche à partir de "dynamics" vers "théories de la croissance" ?
Merci pour cette belle carte : on risque moins de s'y perdre, maintenant !
Bonjour, je vois que la
Visiteur discret mais bienvenu — 02/07/2012 - 21:37Bonjour,
je vois que la théorie marxiste entre autres n'est pas présente dans ce schémas.
Cela me fait m'interroger : est-elle totalement rétive à une assimilation/intégration dans la théorie standard ?
En écrivant un livre qui
Thomas — 04/07/2012 - 02:28En écrivant un livre qui développerait cette présentation, vous pourriez passer à la postérité. En cours, les profs parlerait de l'épistémologie Colliardiste / Maféquiste / standard [Colliard, J-E, 201X].
Vos étudiants on vraiment eu de la chance de vous avoir comme prof. D'ailleurs, je me sens indirectement comme un de vos étudiants depuis tout ce temps que je vous lis.
les classiques
elvin — 05/07/2012 - 14:31Article très intéressant. Je vais le commenter assez longuement, car il donne une base solide pour reprendre de façon sereine (j’espère) des débats qui nous ont opposés assez vivement mais sans aboutir, et qui me semblent tout à fait fondamentaux.
Partons des interrogations relatives aux auteurs classiques. En lisant Smith, Say, Ricardo, Mill et les autres, on est frappé par la place qu’ils consacrent et le soin qu’ils mettent à décrire le plus exactement possible la réalité observable avant de tenter d’en faire la théorie. Et quand ils se lancent dans la théorie, c’est pour établir des relations de cause à effet entre des évènements observables. Say écrit (Traité, Discours préliminaire) : « Qu’est-ce donc que la théorie, sinon la connaissance des lois qui lient les effets aux causes, c’est-à-dire, des faits à des faits ? ». Il dit appliquer « la méthode expérimentale, qui consiste essentiellement à n’admettre comme vrais que les faits dont l’observation et l’expérience ont démontré la réalité », et enfin « l’observation exacte de la nature des choses est l’unique fondement de toute vérité. »
Je cite Say mais les autres auteurs classiques qui se sont exprimés sur la méthode n’ont pas dit autre chose, et tous ont adopté cette pratique y compris ceux qui n’ont pas ressenti le besoin de s’en expliquer. Ils sont en cela fidèles à Descartes : « diviser chacune des difficultés que j'examinerais, en autant de parcelles qu'il se pourrait, et qu'il serait requis pour mieux les résoudre »
Cette méthode consiste d’abord à bien observer la réalité pour comprendre « la nature des choses », dont les relations de cause à effet entre les évènements observables, et à construire une théorie en exprimant les relations causales entre classes d’évènements.
Comme le dit J-E à propose de l’économiste hétérodoxe, l’économiste classique « part en général directement d'un monde assez complexe ou aucune des hypothèses 1 à 8 n'est valide. ». J’ajoute que non seulement il en part, mais que de plus il y reste. Il étudie toujours le système réel, mais morceau par morceau, alors que dans la méthode décrite par J-E, on s’intéresse d’emblée à l’état global du système, mais en remplaçant le système par un autre plus simple défini par des hypothèses contrefactuelles portant sur sa composition, sa structure et le comportement de ses parties. Ce sont deux méthodes radicalement différentes parce que correspondant à une conception différente de ce que doit être une théorie, et donc à des objectifs différents assignés à la discipline.
Donc, premier point : la méthode que décrit J-E n’est pas LA méthode de l’économie, mais seulement la méthode de l’économie dominante depuis le XXe siècle.
Deuxièmement, placer les thèses classiques dans la carte de J-E est peut-être possible et utile pour ceux qui sont nourris de la méthode « orthodoxe », mais ignorer que les classiques avaient une autre conception de l’économie et utilisaient une méthode radicalement différente serait passer à côté de l’essentiel.
Troisièmement, sans même aborder la question de l’efficacité relative des deux approches, il faut reconnaître que la méthode classique est plus proche de la méthode des autres sciences, et donc en réalité plus « scientifique ».
L’originalité de la méthode adoptée par l’économie contemporaine « orthodoxe » contribue à l’isoler au sein des sciences, et la rend mal comprise par les « néophytes » en économie, même et surtout s’ils ont été nourris des autres sciences. Quels que soient les mérites de cette démarche, ils l’abandonnent rapidement et n’ont pas la patience de tolérer longtemps des conclusions « absurdes » ou en tout cas contraires à la réalité observable, dans l’espoir d’arriver un jour à des énoncés utiles. L’économie n’est pas faite (seulement) pour les économistes. S’ils veulent être écoutés, ils doivent tenir compte des habitudes de pensée et des préjugés de leurs interlocuteurs.
Quatrièmement cette analyse permet de caractériser correctement la tradition autrichienne, dont la caractéristique fondamentale est d’être restée fidèle avec Menger aux conceptions épistémologiques et méthodologiques des classiques au moment où la majorité des économistes s’est mise à suivre Walras et Jevons. Tout le reste en découle.
A la fin de son article, J-E se dit « convaincu qu'à force de relâcher de plus en plus d'hypothèses on finira par aboutir à une vision du monde économique aussi complexe que celles que proposent diverses hétérodoxies ». On peut l’espérer, mais ce détour est-il le meilleur moyen, et n’aurait-il pas mieux valu persévérer avec les Autrichiens dans la voie des classiques ?
Il dit aussi « Peut-être y a-t-il un arbitrage à faire entre scientificité et implications immédiates des théories scientifiques ? ». Sauf à admettre que seule la méthode « orthodoxe » est scientifique, je ne vois aucune raison a priori qu’il y ait conflit entre la « scientificité » d’une théorie et ses applications immédiates, je serais tenté de dire bien au contraire. La démarche « orthodoxe » n’est pas plus « scientifique » que la classique. Je dirais même qu’elle l’est moins car elle est moins adaptée à son objet, mais c’est un autre débat.
Enfin, pour revenir sur le théorème de Modigliani et Miller (de triste mémoire…), je n’ai pas souvenir qu’il ait jamais été présenté come une hypothèse contrefactuelle destinée à être relâchée ultérieurement, mais bien comme un résultat valide dans le monde réel et qui doit guider l’action des chefs d’entreprise…
Merci
Visiteur discret mais bienvenu — 05/07/2012 - 22:51Merci pour le partage de cette carte et l'approche très intéressante du développement de l'économie qui va avec. Un outil, qui, je pense, va m'être très utile.
Elvin : D'accord avec vous
serenis cornelius — 06/07/2012 - 13:01Elvin : D'accord avec vous sur : "les classiques avaient une autre conception de l’économie et utilisaient une méthode radicalement différente". De ce point de vue Marx et même Keynes (notamment dans son analyse de l'économie monétaire) sont des classiques.
Cela dit, en dépit de cette différence effectivement fondamentale, cela n'empêche pas de trouver, d'un côté, des points d'accord entre certains des messages de Smith, Ricardo, Mill ou Say d'une part, et certains "résultats" de la théorie contemporaine d'autre part, tout en observant, d'un autre côté, des différences notoires entre les résultats énoncés par certains classiques d'un côté et, de l'autre, ce qu'ont pu dire Marx ou Keynes.
Au total, il me semble qu'il y a la une manière de positionner les "classiques" au regard du schéma d'ensemble proposé par JE,
Absolument d'accord, y
elvin — 06/07/2012 - 13:29Absolument d'accord, y compris sur le rattachement de Marx et Keynes à la tradition classique. Je ne conteste pas l'utilité du schéma de J-E (et j'admire le travail), mais je voulais rappeler que ce qu'il définit comme LA méthode de l'économie n'est que la méthode dominante depuis le XXe siècle, et que pendant des siècles les économistes ont utilisé une méthode radicalement différente, que certains continuent à utiliser et à prôner.
@Serenis Cornelius, Visiteurs 1 & 2, Thomas, Elvin
Jean-Edouard — 08/07/2012 - 22:53@Serenis Cornelius : je ne suis pas sûr de très bien comprendre votre phrase "En revanche, il est beaucoup plus difficile d'expliquer qu'il sert aussi fréquemment de "référence" en ce sens que nombre de situations obtenues suite au relâchement des hypothèses sont "jaugées" à l'aune de l'équilibre obtenu sur le modèle de base." . Vous parlez de situations empiriques ou d'expériences de pensée ? Effectivement si on juge une situation réelle à l'aune du modèle de base on peut avoir un problème, sauf peut-être dans certains cas où les effets qu'on cherche à analyser sont peu éloignés du modèle de base. Comme dans tout raisonnement basé sur des modèles il y a une part importante de jugement quand on choisit quel modèle appliquer.
Je développe mon point de vue plus bas sur les hétérodoxies.
Sinon bingo, nous étions bien dans les Alpes, à Tignes pour être tout à fait précis. Clairement il n'a pas fait très beau, mais on a quand même fait quelques jolies ballades et vu un certain nombre de marmottes, "dignes et dodues" pour reprendre l'expression d'Emmeline.
@Visiteur 1 : le modèle de base doit effectivement beaucoup aux auteurs classiques, ça ne fait aucun doute, et le reste également. Une bonne partie du travail des économistes au XXe siècle aura consisté à réinterpréter et réécrire beaucoup des travaux du siècle précédent dans un cadre commun (ça se voit très bien dans la théorie du commerce international notamment). De plus, comme à force de relâcher des hypothèses on finit par prendre en compte un très grand nombre de situations possibles, on peut facilement situer un auteur classique ou hétérodoxe sur la carte, même si ce n'était pas du tout la méthodologie de l'auteur en question. Pour la croissance on peut tout à fait faire ce que vous dites. Dans une version précédente du schéma à partir de macro j'avais les théories de la croissance en prenant en compte la dynamique, puis les théories des cycles en ajoutant à la dynamique le risque, et enfin les modèles néo keynésiens en ajoutant à tout cela des frictions.
@Visiteur 2 : la théorie marxiste n'est pas présente dans le schéma parce que celui-ci a pour but de présenter la théorie économique contemporaine. On pourrait sans doute élargir l'exercice pour inclure tout un tas d'auteurs et de courants passés de la pensée économique, mais ce n'était pas mon but.Comme je le dis dans le billet, le problème est qu'en général les auteurs antérieurs à la théorie contemporaine ne partaient pas du même modèle de base et n'avaient pas la même méthode, donc sans trop de surprise chez Marx la concurrence n'est pas parfaite, il y a plusieurs périodes et même de l'histoire, plusieurs marchés, qui sont d'ailleurs frictionnels, les acteurs ne sont pas pleinement rationnels, et les objectifs poursuivis par les patrons sont plus riches que la maximisation des dividendes. Pour l'information et les biens publics en revanche je ne sais pas. Le résultat c'est qu'on ne sait toujours pas très bien ce que Marx voulait dire, et que les spécialistes en débattent encore.
@Thomas : merci, c'est sympa. De notre côté avec Emmeline nous sommes très fiers de pouvoir compter des lecteurs fidèles depuis le début du blog, ça nous motive beaucoup. ceci dit j'ai peur que la méthode évoquée dans le billet ne soit pas de mon invention, elle m'est inspirée par de nombreuses discussions autour de la machine à café ou à la cantine avec des chercheurs bien plus confirmés que moi. J'ai vu peu d'articles en revanche expliciter ce que beaucoup de gens ont pourtant en tête. Je pense qu'il y a une séparation malvenue entre les chercheurs qui travaillent sur l'épistémologie de l'économie mais ne s'adressent pas vraiment aux autres économistes, et ces mêmes économistes qui développent leur propre épistémologie pratique sans vraiment l'expliciter, et sans du tout se référer aux spécialistes de la question. Robert Lucas fournit un bon exemple, certains l'appelaient "le pape de la méthodologie", alors que franchement...
@Elvin : je vais avoir du mal à rester serein parce que vous reprenez toujours le même débat (qui ne m'intéresse guère, de mon côté je dors très bien en sachant que je ne suis pas d'accord avec vous) et les mêmes arguments.
Sur vos paragraphes 1-2-3, c'est à dire le rapport entre théorie et réalité : c'est de mon point de vue soit une méconnaissance totale de l'économie contemporaine, soit de la mauvaise foi pure. L'empirique tient une place infiniment plus grande en économie aujourd'hui que dans les écrits des classiques. De plus, là où ceux-ci étaient obligés de se contenter de petites anecdotes sur leur boucher ou leur vitrier, les économistes contemporains partent de données bien plus riches, de relations de corrélation ou de causalité sérieusement établies par des méthodes de plus en plus sophistiquées, et tentent ensuite de les expliquer théoriquement, la théorie apportant de nouvelles prédictions qui sont ensuite testées. Bref ce passage me laisse comme deux ronds de flan, mais c'est une habitude quand je vous lis (j'ai bien ri aussi en lisant votre commentaire chez econoclaste, comme quoi la macro dominante s'enorgueillissait de n'avoir aucun fondement microéconomique).
Sur le paragraphe 4 ce qui vous défrise d'une manière générale c'est l'utilisation de modèles, et ce que vous rejetez au final c'est la possibilité de faire des théories en sciences sociales. Peut-être qu'il faut renoncer à comprendre le monde social et le monde économique et que nous devrions tous plutôt faire du jardinage, mais dans ce cas merci de montrer l'exemple.
"Donc, premier point : la méthode que décrit J-E n’est pas LA méthode de l’économie, mais seulement la méthode de l’économie dominante depuis le XXe siècle."
J'ai beaucoup aimé cette phrase aussi. C'est aussi pertinent et informatif que de dire "la méthode de la physique théorique contemporaine n'est pas LA méthode de la physique, mais seulement la méthode de la physique dominante depuis le XXe siècle". Bien sûr que les sciences évoluent, mais en général à moins d'avoir un très bon argument on part du principe qu'elles progressent.
Sur votre troisièmement il est totalement loufoque de dire que la méthode des économistes isole l'économie des autres sciences et que l'approche autrichienne est plus scientifique. La première chose à remarquer c'est que pour le meilleur et pour le pire toute la méthodologie de l'économie est depuis les années 1950 copiée plus ou moins directement sur la physique, ça nous donne au moins un proche parent du côté des sciences. En revanche je ne connais aucune science qui refuse aussi naïvement la modélisation et les mathématiques que ne le fait l'approche autrichienne, qui pour le coup est un ovni complet dans le paysage scientifique contemporain (peut-être pas dans celui des années 1850 je vous l'accorde).
Si ce qui vous pose problème c'est d'utiliser des modèles "faux", encore une fois cela veut dire que ce qui vous pose problème c'est la modélisation en général, puisque tout modèle est nécessairement faux. On fait exactement la même chose non seulement dans les autres sciences sociales (le fameux "idéal-type" de Weber par exemple), mais même et surtout dans les sciences dures. Tenez, puisque je sais que vous aimez bien les dialogues, en voici un gratuit :
L'action se passe à Pise, en 1602, lors d'une réunion de la société des fumeurs de pipe de Toscane
Galileo Galilei (en chaire) : "Et voici pourquoi, messieurs, mon expérience montre de manière conclusive que deux objets de masses différentes en chute libre tombent à la même vitesse."
Elvinus Simplicissimus (se levant, outré) : "C'est n'importe quoi, nous savons tous très bien que si on lâche une plume elle tombera moins vite qu'une bille de plomb, c'est bien la preuve que votre théorie est fausse. De qui se moque-t-on ?
Galileo Galilei (impatienté) : "Il y a évidemment d'autres éléments à prendre en compte, la plume notamment offre davantage de résistance à l'air. Mais je sais grâce à mon expérience que si elle tombe moins lentement que la bille de plomb, ce n'est pas à cause de son poids moindre."
Elvinus Simplicissimus : "en attendant votre théorie n'en demeure pas moins fausse. Je suis marchand d'édredons moi, et je n'ai pas la patience de tolérer des théories fausses à propos de la chute des plumes. La physique n'est pas faite que pour les physiciens signor Galilei. Si vous voulez être écouté des marchands d'édredons, vous devez faire davantage attention à la réalité observable des plumes, afin de guider notre action. Pas étonnant que vous ayiez des problèmes avec l'Eglise, si vous faites aussi peu d'efforts pour communiquer vos résultats."
Vous voyez l'idée.
Sur votre avant-dernier paragraphe : la méthode contemporaine a un avantage très grand pour un scientifique, c'est qu'elle est par nature incrémentale. Du coup on avance, lentement, mais on avance. Tandis que d'autres courants que je ne citerai pas en sont toujours à faire l'exégèse de grands auteurs morts il y a presque quarante ans. Ca c'est pour le côté scientificité. Pour le côté applications pratiques, prenez n'importe quel problème et confrontez les prédictions d'un Autrichien avec celles d'un économiste contemporain, ce sera rigolo. Je pense qu'aujourd'hui l'économie mainstream s'est suffisamment enrichie pour qu'il n'y ait plus d'arbitrage à faire. La méthode la plus scientifique est aussi celle qui est la plus utile à court terme. En revanche je pense que ce n'était pas le cas disons dans les années 1930. Alors, effectivement, si on revenait à cette époque, on pourrait se poser la question "voulons-vous reformuler toute l'économie sur des bases plus saines afin d'avoir quelque chose d'utile et à peu près solide dans 60 ans, mais pas grand chose pour guider notre action d'ici là, ou bien continuer comme nous le faisons maintenant, avec plus de profit immédiat, mais en perdant tout espoir d'arriver un jour à un corpus de connaissances solide ?". Toujours est-il que tant qu'on n'a pas inventé la machine à remonter le temps on peut considérer qu'aujourd'hui cette question n'a aucun sens.
Pour Modigliani Miller je ne suis pas sûr que vous ayez lu tous les articles de l'époque sur ce fameux théorème. Par ailleurs si vous l'avez aussi bien compris que vous avez manifestement compris la macroéconomie et l'économie empirique... Je vous aide quand même : les économistes se contrefichent de "guider l'action des chefs d'entreprise", à un point que vous ne pouvez imaginer. Ce que nous essayons de faire, c'est comprendre les mécanismes économiques, y compris ceux qui découlent des actions des chefs d'entreprise. Mais pas de guider qui que ce soit.
Franchement essayez de vous renseigner un minimum sur l'économie contemporaine parce que ça en devient ridicule. Ou alors contentez-vous de parler des auteurs que vous connaissez, ce sera en général totalement hors-sujet mais au moins ce ne sera pas pénible. On a parfaitement le droit d'apprécier Mill, Say, Quesnay ou même von Mises sans considérer sans argument que tout ce qui s'est fait depuis est nécessairement nul parce qu'on ne suit plus les mêmes méthodes. Beaucoup de physiciens vouent une grande admiration à Archimède et Newton sans se croire obligés d'en déduire que la physique quantique est à jeter.
Encore raté !
elvin — 08/07/2012 - 23:38Nous avons hélas toujours autant de mal à nous comprendre. Ca dois venir des contraintes du media "blog". Au vu de ce que ça a donné quand j'ai cherché à mieux m'expliquer les fois précédentes, je préfère laisser tomber, à regret. Je crois qu'on pourrait progresser si Serenis acceptait de jouer les médiateurs, mais j'imagine que ça ne l'amuse pas particulièrement.
J-E : Vous m'aviez bien
serenis cornelius — 09/07/2012 - 12:22J-E : Vous m'aviez bien compris.
Elvin : Je n'ai aucune vocation de médiateur. Juste ceci, qui selon moi permettrait de nourrir votre débat : 1) Pour ma part je considère que pour celui qui s'intéresse à l'Economie la lecture des "classiques" (de Smith à Schumpeter en gros) est nécessaire parce qu'utile et efficace en tant qu'elle forme " correctement" l'esprit, et j'ajoute qu'elle me paraît même suffire à quiconque s'intéresse aux seuls fondamentaux de nos éconmies et à leurs tendances générales. 2) Ce qui n'est pas incompatible avec ce que dit J-E quand il écrit que ce n'est pas une raison pour considérer que " tout ce qui s'est fait depuis est nécessairement nul parce qu'on ne suit plus les mêmes méthodes".
Emmeline : Des marmottes "dignes et dodues"... cela s'appelle des "chamois" !
"Je n'ai aucune vocation de médiateur"
elvin — 09/07/2012 - 13:21@Serenis Cornelius
Dommage... Votre dernier post confirme que vous sauriez voir qui'l y a beaucoup plus de points sur lesquels J-E et moi sommes d'accord qu'il ne veut bien l'admettre, et que les points de désaccord méritent plus qu'un traitement cavalier ad hominem, ne serait-ce que parce que je ne dis pas autre chose que ce que de nombreux économistes labelisés et célèbres disent aussi.
Mais que J-E et moi arrivions ou pas à nous entendre, c'est bien normal que tout le monde s'en foute (sauf moi)
Oui c'était un peu exagéré et
Thomas — 10/07/2012 - 00:18Oui c'était un peu exagéré et je sais que vous n'avez pas tout inventé mais le fait est que l'idée de représenter ça comme vous l'avez fait est brillante. C'est "sticky" pour reprendre un concept de Malcolm Galdwell dans "The Tipping point". Il suffit d'avoir regardé votre graphe quelques secondes pour s'en souvenir et pouvoir le reproduire (enfin au moins les arcs principaux). C'est un peu comme les 10 principes de Mankiw ; (quasiment) tous les économistes auraient pu les formuler mais personne ne l'a fait sous cette forme.
@ Elvin : si on appelle les auteurs de Smith à Marx les Classiques, c'est peut-être parce qu'ils sont considérés comme des auteurs ... classiques. En d'autres termes, "des auteurs à qui l’excellence et/ou le temps ont donné autorité" [ http://fr.wiktionary.org/wiki/classique ].
ca me paraît évident.
elvin — 10/07/2012 - 01:18ca me paraît évident.
Ce qui me parait évident
Thomas — 10/07/2012 - 02:04Ce qui me parait évident c'est que c'est pour remplir l'objectif des classiques, à savoir comprendre la réalité économique, que les méthodes modernes ont été développées.
Il n'y a pas opposition entre les deux mais filiation.
Et puis au passage, il y a une différence entre dire ce que devrait être la théorie économique idéale et ce que la réalité permet de faire. Parce que, sans avoir lu les auteurs dont vous parlez, permettez moi de douter qu'ils utilisent rigoureusement en tout temps la méthode qu'ils prônent basée sur l'observation de faits dont l'expérience a démontrée la réalité (ah tient, on démontre la réalité ?) etc etc...
Ne reprenons pas cette
elvin — 10/07/2012 - 10:24Ne reprenons pas cette discussion au début, sinon Jean-Edouard va nous gronder (surtout moi...), et à juste titre.
Lisez plutôt le Traité de Say, en particulier son Discours Préliminaire qui aborde la méthodologie. Si vous voulez d'autres références, contactez-moi par message privé, par exemple via le Forum d'Econoclaste qui offre cette fonction. Et si vous voulez en savoir plus long sur mon analyse, voici deux textes, un ancien et un plus récent (désolé J-E pour l'autopub mais ça évite de longs développements).
http://gdrean.perso.sfr.fr/articles/histoire.html
http://gdrean.blogspot.fr/2011/09/les-modeles-en-economie.html#comment-form