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Nouvelle note de lecture : Max Weber contre les lamas
Jean-Edouard — 07/05/2008 - 00:02
NB : il s'agit ici du lama glama, mammifère camélidé et velu d'Amérique du Sud, et non du Dalaï Lama, mammifère chauve mais habitant aussi à haute altitude dans son milieu naturel. Se reporter ici pour comprendre l'importance du lama glama en économie.
Les notes de lecture font leur grand retour sur Mafeco après une trop longue absence ; c'est Max Weber qui ouvre le bal avec une note sur "Die Stadt" (La ville), oeuvre posthume publiée dans "Economie et Société", et dans lequel il est question de la spécificité de la ville européenne au Moyen-Âge. Je ne suis pas un spécialiste de Weber, ni de l'histoire du Moyen-Âge, donc cette note a plutôt pour but de montrer ce qu'un économiste peut retirer de la lecture de Weber.
Celui-ci montre en effet que les villes de l'Occident médiéval se distinguent de leurs comparses asiatiques et moyen-orientales ainsi que des villes du bassin méditerrannéen antique par une large autonomie politique, des libertés individuelles étendues pour les citoyens et souvent une domination politique importante des marchands. On me voit venir : Weber, spécificité de l'Occident, marchands... ne serait-on pas en présence d'une x eme théorie expliquant l'émergence du capitalisme en Occident ?
Eh bien nullement, Weber montrant justement que capitalisme et rationalisation ne commencent que plus tard, en impliquant des acteurs et des niveaux différents. Ce sont même les villes les plus autonomes, où le pouvoir des marchand est le plus étendu et le commerce le plus développé qui seront par la suite les plus en retard, comme notamment les villes italiennes, et ce n'est pas un hasard.
On a donc enfin un auteur qui met le doigt sur une spécificité de l'Occident et n'en tire pas une théorie pour expliquer les succès économiques futurs de celui-ci, il était temps d'en trouver un.
Le tout est un peu long, les lecteurs intéressés mais impatients devraient se reporter à :
-La partie 1 pour un résumé un peu scolaire du texte de Weber. Il ne faut pas être allergique au pidgin français-allemand (franlemand ?), le texte est également un peu confus mais c'est aussi à cause de Weber qui n'est pas toujours d'une clarté limpide (d'autant que c'est une oeuvre posthume, peut-être pas fignolée autant qu'il aurait été souhaitable).
-La partie 2 traite plus spécifiquement de la relation entre sphère économique et sphère politique et des conditions de l'émergence de l'homo oeconomicus et de la rationalité économique. On y défend notamment l'idée wéberienne quoique peu politiquement correcte que la liberté politique est un frein à l'émergence de la rationalité économique (une bonne dictature bureaucratique prussienne y a que ça de vrai pour vous rationaliser).
-La partie 3 aborde la question de la spécificité de l'Occident et de son développement économique. On y apprend notamment que l'Occident n'est pas si spécifique que ça, et que Weber se plante complètement sur la ville indienne, qu'il ne connaît que par des ouvrages d'auteurs anglais, puritains et donc convaincus que le système des castes explique toute la réalité indienne et est suffisant pour prouver son extrême arriération.
Bonne lamasserie.



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