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Je suis assez d''accord avec vos arguments, mais il me semble qu''il n''y a pas besoin de se servir du concept de préférences révélées, ou alors dans un sens très faible, et que celui de préférences ordinales suffit largement non ? On peut justifier que les agents devraient être capables d''ordonner leurs choix de celui qu''ils préfèrent à celui qu''ils veulent le plus éviter, éventuellement via des considérations de type "money pump", on fait des hypothèses sur quelles devraient être ces préférences (les fourmis préfèrent consommer plus plutôt que moins), on regarde quel comportement cela devrait impliquer et on compare avec l''observation. Mais je ne vois pas à quelle phase on estime d''abord les préférences des individus en observant leurs choix.
Si la question porte plutôt sur les préférences ordinales je suis bien d''accord que c''est méthodologiquement incomparablement plus défendable que l''approche cardinaliste, mais on retrouve le dilemme habituel aux sciences économiques : soit vous prenez l''hypothèse défendable de préférences ordinales et vous limitez drastiquement les sujets que vous pouvez traiter (par exemple vous allez avoir beaucoup plus de mal à traiter une bonne partie de la théorie des jeux et plus généralement tout ce qui demande des espérances d''utilité, donc aussi toute l''économie de l''information), soit vous faites l''hypothèse moins défendable de préférences cardinales et vous pouvez traiter de tout un tas de choses. Là encore le point de vue de ceux qui se posent la question me semble être qu''on peut toujours essayer, si au final le modèle produit des idées qui ont un sens et ne semblent pas franchement dépendre du caractère cardinal de l''utilité ben ça ira.

Révélées ou ordinales ?
Jean-Edouard — 13/02/2010 - 13:53