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10 bons usages de la courbe de Laffer

Emmeline et Jea... — 01/06/2008 - 21:37

Ce billet a pour but de rendre un hommage non déguisé à l’économiste Arthur Laffer, concepteur de la courbe homonyme, tracée à l’origine sur une serviette en papier au cours d’un dîner que l’on imagine bien arrosé. Notons d’ailleurs qu’on a ici un bel exemple d’une théorie économique qui ne repose que sur une seule hypothèse, au demeurant assez crédible, à savoir qu’un individu ne travaille pas lorsqu’il est imposé à 100% sur ses revenus.

Voyons d’abord les soubassements mathématiques profonds de cette théorie, incarnés dans le théorème de Rolle. Celui-ci stipule que si une fonction f est continue sur un segment [a,b] et que f(a) = f(b), alors il existe au moins un point c tel que f’(c)=0 et f’ change de signe, c’est-à-dire un point où la fonction change de monotonie. En bon français, si vous devez tracer une courbe reliant deux points de même ordonnée et que vous n’avez pas le droit de lever le crayon, vous passerez nécessairement par un extremum, qui sera un maximum si vous avez l’obligation d’être toujours au-dessus des deux points. Cela deviendra plus compréhensible avec le petit dessin agrémentant le prochain paragraphe.

Considérons un Etat qui cherche à maximiser les revenus qu’il tire des impôts (seuls les impôts sur le revenu sont ici considérés) et supposons pour simplifier que chaque citoyen soit imposé au même taux flat. Il est clair que les citoyens sont tous imposés à 0%, les revenus de l’Etat seront nuls ; s’ils le sont à 100%, les citoyens n’auront aucune incitation à travailler puisqu’ils ne tireront aucun revenu direct d’une heure de travail, et les revenus de l’Etat seront également nuls. Enfin, l’Etat ne peut jamais tirer de revenu négatif des impôts, et on peut penser que la relation taux d’imposition/recettes est continue. En vertu du théorème précédent, on en déduit qu’il existe un taux d’imposition maximisant les recettes publiques situé en-dessous de 100% (ou plusieurs d’ailleurs, car le théorème n’exclut nullement la présence de maxima multiples). Ce taux optimal est tel que si on augmente le taux d’imposition au-delà de ce taux, on diminue les recettes publiques, d’où le sage dicton « Trop d’impôt tue l’impôt ». Pour une raison parfaitement inconnue (mais reliable au principe de raison insuffisante ? à des raisons d’opportunité politique ? à un sens de l’esthétique très développé ?), les graphiques représentant la courbe placent immanquablement ce taux comme ceci :

impliquant qu’au-delà de 50% de taux d’imposition les recettes diminuent, alors que le théorème permet aussi bien de justifier la courbe suivante :

Plus drôle, ceux-là même qui représentent un taux optimal à 50% sont souvent les premiers à en appeler à la courbe de Laffer pour diminuer les impôts, même quand ceux-ci ne sont déjà qu’à 40% (par exemple)…

On peut même avoir ce type de courbe, particulièrement intéressant. Lorsque vous êtes près de 50% et voyez qu’à 51% les recettes diminuent (donc diminuons les impôts), rien ne vous dit qu’elles ne réaugmenteront pas près de 90% (donc augmentons les beaucoup). Si inversement elles diminuent lorsque vous baissez à 49% (donc on peut encore augmenter les impôts), rien ne vous dit qu’elles n’augmenteront pas encore plus près de 20% (donc baissons les beaucoup).

Cette petite incertitude qui pèse sur le niveau optimal est effectivement dommageable. Il demeure néanmoins que la théorie est révolutionnaire et riche d’enseignements insuffisamment creusés, insuffisance à laquelle ce billet veut apporter sa modeste correction.

Courbe de Laffer de l’exercice physique : ne pas du tout faire d’exercice physique n’est pas bon pour la santé et la musculature (version féminine : la santé et la ligne), inversement, en faire trop n’apporte que claquages, élongations et autres fractures qui finalement vous font passer deux mois au lit et perdre tous vos gros muscles (VF : reprendre tout votre petit ventre). Conclusion : il existe nécessairement un ou plusieurs niveaux d’exercice physique optimal compris entre pas du tout et trop.

Courbe de Laffer du tourisme : Gdansk, en Pologne, est une ville fort sympathique, et même jolie tant qu’on ne s’éloigne pas trop du centre ville. Néanmoins, en raison de la proportion quasi nulle de touristes étrangers qui s’y aventurent, impossible de trouver d’explications dans une autre langue que le polonais dans les musées, qui d’ailleurs sont peu ouverts puisqu’il y a de toute façon peu de visiteurs. Inversement, Prague est une ville tellement jolie que les touristes s’y bousculent et se gâchent réciproquement l’existence (par l’intermédiaire des autochtones qui prennent l’habitude de les pigeonner ouvertement selon le principe « un de perdu qui devait de toute façon s’en aller par le prochain avion, dix de retrouvés »). Notons que cela fait assez peu progresser le niveau de langue des serveurs dans les restaurants. Conclusion : quelque part entre une proportion de touristes/habitants de 0 et de 500 % il existe une proportion optimale de tourisme, qui garantit le meilleur rapport aménagements prévus pour les touristes / courtoisie des locaux.

Courbe de Laffer d’un muffin à la banane : un muffin à la banane sans du tout de banane est un muffin tout court, donc pas un muffin à la banane. Inversement, un muffin à la banane avec une proportion de banane proche de 1 n’est plus tellement un muffin à la banane non plus, c’est une purée de banane. Conclusion : pour des quantités données des autres ingrédients nécessaires à la réalisation d’un bon muffin à la banane, il existe une quantité de banane optimale.

Courbe de Laffer multivariée de la recette parfaite : extension du raisonnement précédent. Le nombre d’ingrédients dont dispose votre cuisine (ou le monde, aussi bien) est en nombre peut-être important mais néanmoins fini, qu’on peut noter n. La liste des ingrédients nécessaires à la réalisation d’une recette donnée peut donc se définir comme un n-uplet indiquant la quantité nécessaire de chaque ingrédient. A chaque n-uplet on peut associer une recette complète représentant la meilleure façon de les préparer. Il est sûr qu’une recette comportant une quantité nulle de chaque ingrédient n’est pas bonne, de même que n’importe quelle recette comportant un ou plusieurs ingrédients en quantités infinies. Conclusion : il existe nécessairement une recette de cuisine optimale pour un palais donné, aussi bien avec les ingrédients disponibles dans votre cuisine qu’avec ceux disponibles dans le monde.

Courbe de Laffer du maquillage : pour celles et ceux (ceux, de plus en plus) qui ont de petits défauts à cacher (par exemple dans la perspective d’un premier rendez-vous, afin de ne pas faire fuir le chaland), l’absence totale de maquillage n’est pas des plus efficaces. Cela dit, se verser un pot de peinture sur le visage n’est souvent pas d’un esthétisme fou, et peut au contraire mettre la puce à l’oreille du vis-à-vis. Conclusion : il existe nécessairement une quantité de fond de teint à s’étaler sur la tronche optimale, quelque part entre 0 et 30 mL (le contenu d’un pot de fond de teint standard, pour les ignorants).

Courbe de Laffer de la consommation d’alcool en soirée (toujours dans un dessein de parade amoureuse auprès des représentants du sexe opposé) : sauf à avoir un tempérament particulièrement extraverti, il est parfois difficile d’oser faire le premier pas sans l’encouragement que procurent quelques petits verres. Inversement, lesdits petits verres, mais en trop, vous causeront un trou noir parfaitement inefficace et sous-optimal ; pire, ils peuvent même vous amener à dessiner des graphiques d’économie sur des serviettes en papier, ce qui est un tue-l’amour assez définitif. Conclusion : entre 0 verre et un pichet de vodka (cas avéré – je tiens à dire fièrement que l’auteur de cet acte viril et courageux non seulement a survécu - heureusement, mais encore n’est pas Jean-Edouard), il existe un degré de bourrage de gueule optimal maximisant toutes choses égales par ailleurs vos chances de repartir avec l’objet de vos désirs (que celui-ci soit mâle ou femelle). Emmeline tient à signaler à tout membre de sa famille lisant ce billet qu’elle se situe immanquablement du côté 0 (et que y en a certains qui feraient bien d’en faire autant !).

Courbe de Laffer du prix contrôlé (loyer, par exemple) : enfin un minimum de sérieux. A plusieurs reprises, dans l’histoire économique récente et afin de remédier à des problèmes de logement, l’Etat a tenté de contrôler le loyer maximum des logements proposés en location (n’hésitez pas à suivre le lien, qui est vraiment sérieux et en vaut la peine). Laffer aurait pu apprendre aux sales technocrates étatistes qu’il ne sert à rien d’imposer un loyer infini, car aucun locataire potentiel n’est prêt à se porter volontaire ; mais qu’un loyer à 0 n’est pas plus efficace, car aucun propriétaire n’est prêt à mettre son bien en location (c’est effectivement ce qui s’est passé dans plusieurs épisodes historiques : de nombreux logements demeuraient vides malgré un contexte de forte pénurie, car leurs propriétaires préféraient ne pas les mettre en location – ce qui entraîne des coûts d’entretien et une perte de valeur d’option – plutôt que de prendre le risque, en échange d’un loyer faible, d’avoir des locataires mauvais payeurs, des dégradations, et l’impossibilité de récupérer les lieux)

Courbe de Laffer du temps de révision consacré à un partiel : très similaire au cas idéal-typique des impôts finalement. Si on ne révise pas du tout (0% du temps), on ne sait rien, on a 0. Si on passe 100% de son temps à réviser, le jour J, on s’endort sur la copie, 0 aussi. Conclusion : révisez, mais n’oubliez pas de dormir.

Courbe de Laffer du roman optimal : on sait que chaque suite de lettres (chaque livre, donc) peut être associée à une suite de chiffres, donc par exemple à un nombre entre 0 et 1. D’ailleurs Pi, étant un nombre transcendant, contient dans ses décimales toute suite de nombres, donc toute suite de lettres ; vous pouvez notamment être certain qu’une hagiographie de vos hauts faits en alexandrins suédois y figure, il n’y a plus qu’à l’identifier. En attendant, vous pouvez toujours aller voir ici où trouver votre date de naissance parmi les décimales de Pi. Revenons à Laffer : un roman représenté par 0 n’est pas franchement intéressant, idem de celui représenté par 1. Conclusion : Il y a donc logiquement un roman optimal quelque part entre 0 et 1… Cet exemple pose tout de même quelques problèmes scientifico-techniques, puisque les nombres transcendants correspondent à des romans de longueur infinie et devraient donc être enlevés –mais nous ne sommes alors plus sur une courbe continue et le théorème ne s’applique plus. La seule solution consiste alors à faire un nombre infini et indénombrable de prolongements par continuité en ces points. Nous la laissons à votre sagacité.

Courbe de Laffer de la longueur d’un billet de blog : un billet de blog comportant 0 mot ne présente guère d’intérêt pour le lecteur potentiel, et donc pour celui qui l’écrit. Inversement, un billet de dix pages a tendance à rebuter ledit lecteur (comme bien le savent ceux qui fréquentent les notes de lecture de Jean-Edouard), qui ne se lancera pas dans un exercice aussi périlleux, et le message ne passera pas davantage. Conclusion : il est peut-être temps de nous arrêter… (nous nous réservons le droit de pondre dix autres exemples du même acabit dans quelque temps).

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OK, je retourne me coucher...

Cimon — 01/06/2008 - 23:18

Heu, il n'y a pas un problème avec la dernière courbe ? Vers 90%, elle semble repartir vers le haut et... la gauche !?!

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Aïe...

Emmeline et Jea... — 02/06/2008 - 07:17

c'est exact. C'est là qu'on mesure tout l'intérêt de disposer d'une bonne vieille serviette en papier plutôt que de MS Paint.

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Il y a celle de la pièce de

alexandre delaigue — 02/06/2008 - 00:50

Il y a celle de la pièce de theatre, aussi... 0 acteurs sur scène, spectacle ennuyeux. 350 acteurs sur scène, spectacle incompréhensible. Entre les deux, il y a l'optimum de la pièce de théatre. Ou celle du club échangiste.

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C'est moins marrant...

Cimon — 02/06/2008 - 10:00

... mais je me rappelle que mon illustre professeur M. Planchet nous avait ainsi démontré l'existence d'un niveau optimum d'épargne : à 0, on meurt de faim au premier problème conjoncturel (donc certainement, mais pas forcément tout de suite), et à 100% on meut de faim tout de suite puisque la nourriture est épargnée. Il s'est empressé d'ajouter que l'existence d'un maximum ne signifiait nullement que l'on était capable de dire où il se trouvait.

Sinon, le théorème de Rolle, c'est avec une fonction dérivable (vous avez écrit continue, mais c'est pas grave), ce qui implique sa continuité. Et un théorème stipule, comme un contrat ? OK, j'arrête de lire eolas !

@AD : pour le club échangiste, il y a moyen de développer ?

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Et après, c'est moi la comptable...

Emmeline — 02/06/2008 - 10:20

Pour Rolle, d'ailleurs (et par pur mauvais esprit), je conteste la nécessité de la dérivabilité (en enlevant le f'(c)=0 alors, of course) : la continuité suffit à assurer l'existence du maximum, même s'il peut alors être en pic aigu (la police du vocabulaire va encore sévir, là, je le sens - en plus j'ai mis deux fois "alors") au lieu d'être joliment en courbe...

Vous avez une meilleure idée, pour "stipule" ? "dit", ce serait un peu faiblard dans un tel panégyrique, non ?

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Ben justement la continuité ...

sea34101 — 03/06/2008 - 00:17

Comme vous le dites, la continuité est indispensable, ce qui ruine votre avant dernier exemple. En effet, la fonction roman -> intérêt n'est pas continue. Pour le démontrer, il suffit d'un exemple:

"Longtemps je me suis couché de bonne heure."

La, on touche la perfection. Pourtant en changeant légèrement cette phrase, on obtient:

"Longtemps je me suis douché de bonne heure."

ou bien

"Longtemps je me suis bouché de bonne heure."

Dont l'intérêt est proche du néant (a moins d'être membre de l'oulipo, et encore). Ce qui montre que l'art a encore des choses a nous apporter. Si vous aviez eu raison, il y aurait déjà eu un geek, qui en utilisant une recherche dichotomique, aurait pondu le roman optimal. Au pire, une une bonne approximation.

Et après, il y a des gens qui pensent que l'économie ne doit pas etre laissée aux matheux...

Plus sérieusement, Laffer a-t-il vraiment eu son prix Nobel pour ça? Je ne peux m'empêcher de trouver cette idée un peu légère. Parce que bon, c'est pas tout de dire qu'il y a un optimal, encore faut-il pouvoir le trouver en un nombre limité d'essai.

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"Laffer a-t-il vraiment eu son prix Nobel pour ça?"

Emmeline — 03/06/2008 - 08:12

Non, pour la bonne raison qu'il n'a pas eu le Nobel... (s'il l'avait eu pour ça, il y aurait effectivement un problème quelque part).

(moi je trouve ça sublime comme phrase "longtemps je me suis douché de bonne heure" - ah, cette poésie, cette ode à la valeur travail, à la France qui se lève tôt... bref qu'est-ce que vous avez à râler, elle est parfaitement continue cette fonction ! ça n'a rien à voir, mais les deux membres de ce "collectif bicéphale" - copyright l'énervé de service aiment bien l'Oulipo et ont eu la chance d'assister à des séances.).

L'argument du geek est parfaitement recevable.

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Proust et Romer

Jean-Edouard — 03/06/2008 - 08:44

Il faut penser en termes de roman optimal et pas de phrase optimale. Juste après le nombre qui représente l'intégrale de Proust vient la même intégrale de Proust avec un espace en plus, ou un a qui se ballade à la fin. C'est un roman moins élégant d'accord, mais quand même assez proche. "Longtemps je me suis douché de bonne heure" est très très loin sur l'axe des réels de "longtemps je me suis couché de bonne heure" justement, dans les parages de cette dernière phrase on voit bien s'opérer le miracle de la continuité : "longtemps je me suis couché de bonne heuraaaaaaaaaaaaaaaaaaa" "longtemps je me suis couché de bonne heuraaaaaaaaaaaaaaaaaabzzzzzzz" etc jusqu'à obtenir le parfait "longtemps je me suis couché de bonne heure". D'ailleus je trouve moi aussi "longtemps je me suis douché de bonne heure" bien plus beau et riche d'interprétations, j'aimais bien aussi "longtemps je me suis couché de bonheur" qu'avait mis un élève à mon concours pour faire chic, enfin "longtemps je me suis douché de bonheur" devient de la poésie pure;

Sinon on peut démontrer la même chose plus simplement : si on enlève les nombres transcendants qui sont des romans de longueur infinie, la valeur littéraire d'un roman est simplement une fonction définie sur un ensemble dénonmbrable, il me semble donc qu'elle admet alors nécessairement un maximum (enfin je peux me tromper mais ça semblerait logique quand même).

L'erreur sur Laffer est bien excusable, le nombre de fois que j'ai entendu des profs parler du prix Nobel de Romer (qui ne l'a pas eu non plus, si vous me suivez) ! En même temps lui a sans doute plus de titres au Nobel, vu qu'au cas où ce serait passé légèrement inaperçu nous nourrissons également queques doutes sur l'importance de la courbe de Laffer dans la théorie économique.

PS : et quid de "longtemps je me suis mouché de bonne heure" ?

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Longtemps j'ai suivi Fouché de bon heur

Emmeline — 03/06/2008 - 10:26

Pour en remettre une couche sur la continuité, il faut signaler l'existence dans les meilleurs ouvrages de fautes de frappe (ou de francais, on peut parfois s'interroger) qui tout en donnant des haut-le-coeur n'en détruisent pas pour autant irrémédiablement le plaisir de la lecture (mais le réduisent, parfois considérablement, ce qui rend la chose sous-optimale).

Un excellent (facon de parler) exemple en est la récente édition des Mémoires d'Horace du grand Dumas, pourtant publiée aux Belles Lettres et préfacée par Claude Aziza, mais truffée (en moyenne 1 à 2 par page !) de fautes d'orthographe du genre "j'ai manger". Ik.

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Continuons donc...

Cimon — 02/06/2008 - 12:21

Je suis tout à fait d'accord avec le fait que seule la continuité est nécessaire pour l'existence d'un maximum (et d'un minimum également, d'ailleurs). Mais c'est une déclinaison du théorème des bornes (dénomination d'origine wikipedia contrôlée), pas du théorème de Rolle, qui nécessite bien la dérivabilité. Le théorème de Rolle sert en fait dans la démonstration de Taylor (le fameux "il existe un c tel que" qu'on se trimballe toute la démo).

Sinon, j'objecte (en cherchant la petite bête) que le changement de signe de f' n'est pas garanti : on peut avoir un plateau et le changement de sens de variation peut avoir lieu plus loin. Mais je ne dis ça que pour avoir le dernier mot !

;-)

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Bon, ca me dépasse...

Emmeline — 02/06/2008 - 12:37

Bof, moi d'abord le théorème de Rolle je l'ai toujours connu sous le nom de TAF (comme "théorème des accroissements finis", petit frère de la IAF), lequel TAF j'appelais en contrepartie théorème de Rolle, alors ce genre de subtilités... Cela dit merci pour le tuyau sur la démonstration de Taylor sec, je vais m'y essayer (je n'ai jamais connu que Taylor version FTRI, nettement plus simple je pense).

[Teigne]Je vous refuse le dernier mot : on a dit "il existe un c tel que(.. ET...) " et non pas "(il existe un c tel que...) ET (,,,)", vous voyez le mal partout ! c'est à force de faire de l'acrogym de l'autre côté des Pyrénées, pour sûr. [/Teigne]

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"... tient à signaler à tout

Anonyme — 02/06/2008 - 15:51

"... tient à signaler à tout membre de sa famille lisant ce billet qu’elle se situe immanquablement du côté 0 (et que y en a certains qui feraient bien d’en faire autant !)."

D'où une stratégie certainement sub-optimale, mais raisonnablement risk-adverse pour les entretiens d'embauche (situation assez semblable à celle exposée) : boire un et un seul petit verre d'un excellent blanc une demi-heure avant l'entretien d'embauche. Ou plus exactement, le tiers de ce que vous estimez la limite supérieure du raisonnable. Si on considère que la courbe de Laffer applicable à telle situation n'a probablement qu'un maximum pour des valeurs raisonnables en abcisse, et si on considère que la dérivée seconde de la courbe est certainement continue, vous noterez qu'il est très improbable d'y perdre.

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courbe de Laffer

toto — 06/06/2008 - 17:22

Petite lecture intéressante :

Misère de la courbe de Laffer, 2 mai 2001 (Frédéric Lordon) :
http://frederic.lordon.perso.cegetel.net/Interventions/Agefi.htm

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ça l'aurait bien fait rire

jyves — 07/06/2008 - 13:51

galbraith qui colérait dès qu'il entendait parler de cette courbe aurait apprécié ce billet :-)

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Continuité etc.

LD — 11/06/2008 - 16:34

Effectivement, une fonction continue sur un intervalle fermé admet un maximum. Point n'est besoin de dérivabilité.

Dans l'exemple de la courbe de Laffer, la continuité est peut etre contestable, mais c'est une hypothese qu'on peut accepter provisoirement. Dans les exemples discrets (nombre de personnes présentes sur scene dans l'exemple de AD, ensemble des romans de moins de 1000 pages, voire 10000 puisqu'on parle de Proust) on n'a qu'un nombre fini d'objets, donc l'un d'entre eux est meilleur que les autres (au moins au sens large, et en supposant que vous avez bien un préordre total). On n'a donc pas besoin de faire de prolongement par continuité pour obtenir ce résultat.

J'enfonce peut-etre des portes ouvertes, mais il me semble que le point le plus grossier des arguments a la Laffer, c'est d'affirmer qu'au niveau de prélevement 100%, on ne préleve plus rien. En tout cas, je veux bien voir les études qui montrent cela.

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