En mars, découvre les comparses
Emmeline et Jea... — 28/03/2010 - 22:07
Every king ought to have a knave
That of Engle was Bollerslev
And could there be a better time
(after all, we do want to rhyme!)
Than this end of the month March
To evoke the fathers of GARCH?
[But others we may not forget:
E.g. Akerlof’s wife Janet…]
Ce mois-ci nous vous proposons de penser un peu à tous ces coauteurs de prix Nobel sans qui rien n’aurait été évidemment possible. Sans être exhaustive la collection de photos ci-dessus inclut un bon nombre de coauteurs importants : Fisher Black, Tim Bollerslev, Peter Diamond, Avinash Dixit, Stanley Engerman, Sanford Grossman, Michael Maschler, Vincent Ostrom, Anna Schwartz, Gordon Tullock, John Riley, Mark Satterthwaite, Wolfgang Stolper, Richard Thaler, Amos Tversky, Anthony Venables, Janet Yellen. Impossible en revanche de trouver une photo de Claire Friedland (peur de ne pas soutenir la comparaison avec Yellen ?), si vous en avez une merci de nous l’envoyer.
Pour que ce billet ne tombe pas complètement dans la catégorie billet du fainéant (oui ben on a plein de choses à faire en ce moment), c’est l’occasion de parler rapidement du modèle des co-auteurs, de Jackson et Wolinsky, bien connus des amateurs d’économie des réseaux. Dans leur célèbre (enfin, connu des amateurs) papier de 1996 « A strategic model of social and economic networks », ceux-ci développent le modèle suivant : imaginons un certain nombre d’économistes, tous plus ou moins équivalents. Ils peuvent soit travailler seuls, soit travailler avec un co-auteur. Lorsque deux économistes travaillent ensemble ils produisent plus que séparément (il y a un effet de synergie). Mais d’un autre côté, si un même économiste travaille sur deux projets avec deux coauteurs différents, il n’alloue que la moitié de son temps à chaque article, au grand dam de ses deux coauteurs qui y consacrent peut-être eux tout leur temps.
Première conclusion : bien choisir ses coauteurs est extrêmement important (ce que dit bien Shubik par exemple, qui a consacré une partie de sa carrière à soumettre des problèmes économiques à son ami mathématicien Shapley), et il vaut mieux en choisir qui n’ont pas trop de coauteurs eux-mêmes. Ensuite on peut caractériser le « réseau » qui serait le plus efficace ; en l’occurrence avec la spécification choisie par les auteurs il serait optimal de n’avoir que des paires d’auteurs (personne ne travaille sur deux projets à la fois). Est-ce à cela que les économistes livrés à eux-mêmes vont aboutir ? Eh bien non, ils vont former un certain nombre de groupes entièrement connectés, qui plus est de tailles très différentes. On aura par exemple 30 économistes tous « liés » au sens où A travaille avec B qui travaille aussi avec C, lequel travaille avec D etc., et à côté 10 autres tous liés entre eux mais sans lien avec les premiers. Dans son livre Jackson (erratum) Sanjeev Goyal donne l’exemple du graphe construit autour de Jean Tirole et de ses coauteurs, on pourra comparer dans le même ouvrage avec le réseau de Joseph Stiglitz, de forme très différente.
Deuxième conclusion donc : livrés à eux-mêmes, les économistes (et d’autres scientifiques aussi probablement) se lancent dans trop de projets avec trop de coauteurs différents, négligeant que ce faisant ils exercent une externalité négative sur leurs autres coauteurs (ils travaillent moins sur chaque papier). Ma modeste expérience me dicte néanmoins que la productivité marginale du temps passé sur un même article décroît assez vite, et qu’avec un seul marron au feu on risque de passer une bonne partie de son temps de travail à écrire des billets de blog pour remettre à plus tard le travail sur un article qu’on commence à avoir assez vu.
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Claire Friedland
Sincère nain — 29/03/2010 - 13:40Des photos de Claire ici : http://members.aceweb.com/gwenlayne/Gwen.red.myBio.pix&poem.html
On gagne quoi ce coup-ci ?
Ces profs de SES qui connaissent pas le concept du don contre don, j'vous jure...
Le mieux me semble-t-il,
serenis.cornelius — 29/03/2010 - 21:54Le mieux me semble-t-il, c'est de prendre son conjoint comme co-auteur, où son co-auteur comme conjoint, c'est selon.
Goyal
OSC — 01/04/2010 - 13:29Le livre de Goyal est-il une réelle introduction à l'économie des réseaux ou demande-t-il quand même un minimum de connaissances dans ce domaine (parce que pour le coup je n'y connais vraiment rien) ?
oui ça passe
Emmeline et Jea... — 02/04/2010 - 13:54Avec des connaissances en économie théorique ça va largement, il me semble plus accessible que le livre de Jackson.
J. Bhagwati et A. Dixit...
Moggio — 02/04/2010 - 14:54À ce sujet, auriez-vous vu passer ce (terrible) courrier de ces deux économistes à l'hebdomadaire The Economist (édition du 29 novembre 2003) au sujet d'un autre courrier la semaine d'avant suggérant que Krugman était moins méritant qu'eux deux pour décrocher le "Prix Nobel d'économie" ? La seconde où j'ai appris que Krugman était l'heureux (et seul) gagnant en 2008, j'ai pensé à ce courrier.
So, what is so terrible ?
Sincere Dwarf — 04/04/2010 - 19:16Nobel sentiments
SIR – We are happy and flattered by Philippe Kohler's praise (Letters, November 22nd). But we must take exception to his suggestion that Paul Krugman is less deserving of a Nobel prize. In the research phase of his career, Mr Krugman contributed many important insights to economics.
We also believe that valuable contributions to policy should increase, not decrease, one's eligibility for the Nobel prize in what is after all a social science. We would be delighted if the Nobel prize committee saw fit to honour us; who wouldn't be delighted to be so honoured? But our delight would be doubled if Mr Krugman was also included.
Jagdish Bhagwati (Columbia University, New York)
Avinash Dixit (Princeton University, Princeton, New Jersey)
Source : http://images.91class.com/attachment/0809/4724d8172d.pdf - The Economist, November 29th 2003 (pp. 20-21 du pdf)