Le bon, l’économiste et le truand
Jean-Edouard — 07/04/2008 - 22:43

En revoyant récemment « Le bon, la brute et le truand », le western bien connu de Sergio Leone (qu’Emmeline a trouvé trop intellectuel et cérébral, mais ce n’est pas le sujet), j’ai été très frappé par le début du film.
Souvenez-vous : Tuco Benedicto Pacifico Juan-Maria Ramirez, dit aussi « le truand », est recherché dans 14 comtés d’un même Etat pour « meurtre, attaque à main armée de banques et de l’U.S. Mail, vol d’objets sacrés, incendie criminel, bigamie, faux témoignage, incitation à la prostitution, émission de fausse monnaie, utilisation de cartes et de dés truqués, viol d’une femme de race blanche et détournement d’une mineure de race noire ». J’ai dû en oublier quelques-uns. Notre desperado voit donc sa tête mise à prix, à 2.000 $ au début du film (si quelqu’un veut faire la conversion en euros d’aujourd’hui il est le bienvenu), et est donc recherché par shérifs, garçons vachers et autres chasseurs de prime.
Il monte alors avec « le bon », alias Clint Eastwood, une petite entreprise intelligente et rentable comme on aimerait en voir plus : le bon arrête le truand, le livre à un shérif et encaisse la prime ; au moment où l’on s’apprête à pendre Tuco devant une foule de bons citoyens horrifiés par l’étendue de ses méfaits, le bon coupe la corde d’un coup de fusil bien ajusté et permet à son compère de s’enfuir sous les yeux d’une foule maintenant ébahie. Les complices partagent l’argent en deux, la prime augmente (le criminel étant jugé plus dangereux) et on recommence.
Mais les meilleures choses ont une fin : lorsque la prime parvient à 3.000 $, le bon préfère la garder entièrement pour lui plutôt que la partager avec son complice, met fin à leur association et l’abandonne en plein désert (plutôt que de le tuer directement, nous sommes dans un film et les personnages principaux ne peuvent pas disparaître aussi vite).
Qu’y a-t-il d’étrange ou même d’intéressant dans cette histoire, me demanderez-vous ?
D’abord qu’elle ressemble beaucoup à celle du « mille-pattes de Rosenthal », dont il sera plus intéressant d’expliquer le principe via son application au problème de la monnaie.
Pourquoi accepte-t-on de la monnaie ? Parce que les pièces sont jolies et qu’on veut compléter sa collection d’euros (les maltais sont très beaux), d’accord ; mais aussi, voire surtout, dans l’idée qu’ils serviront à payer quelqu’un qui les acceptera. Et lui-même les acceptera parce qu’il espère que quelqu’un d’autre les acceptera etc. Or, le monde et même l’univers ont une durée de vie finie. Arrivera donc nécessairement un jour qui sera le dernier jour de l’humanité ; ce jour-là, personne ne voudra accepter de la monnaie, puisqu’elle ne pourra plus servir à rien le lendemain ! C’est d’ailleurs ce qui se passe dans « The last Day », un livre de science-fiction et de Richard Matheson qui se demande comment les humains vivraient leur dernier jour suite à une guerre nucléaire (c’est dire si mes sources sont sérieuses). Au dernier jour de l’humanité, personne n’acceptera donc de monnaie (ni pièces, ni billets, ni chèques, rien du tout). Le jour précédent, tout le monde sait qu’il sera impossible de trouver preneur pour la monnaie le lendemain, tout le monde refuse donc de recevoir de la monnaie en paiement. Le jour précédent, rebelote.
En remontant ainsi par « récurrence à rebours », on comprend pourquoi je refuse de me servir de toute monnaie et règle mes transactions exclusivement en carottes (je parie sur le fait que au moins quelques gens voudront manger des carottes au dernier jour de l’humanité). Aux boulangers qui me font part de leur surprise, je réponds dignement « sot, vous ignorez donc que vous serez victime de la malédiction du mille-pattes de Rosenthal ? ».
Revenons à nos moutons. La logique du début du film est au fond la même : le bon comme le truand s’imaginent bien que leur coopération devra prendre fin un jour ; le bon n’aura alors qu’à manquer la corde, garder la prime et abandonner le larron à l’enfer de Dante (dans un western spaghetti c’est de rigueur). Sachant cela, le truand devrait arrêter le jeu juste avant, mais sachant cela aussi le bon devrait l’abandonner encore avant etc., bref leur entreprise est à première vue impossible.
Sauf, bien sûr, si tous les deux s’imaginent bêtement qu’ils pourront répéter l’opération une infinité de fois ou, ce qui est équivalent, que la « dernière » période n’est pas déterminée mais survient aléatoirement. C’est la manière la plus simple d’échapper au paradoxe du mille-pattes (il y en a de bien plus compliquées faisant appel à la rationalité limitée). Je précise que si vous voulez avoir l’air d’un théoricien des jeux distingué car frangliciste il vaut mieux parler de « paradoxe du centipède ».
Survient alors le problème qui m’avait frappé. Appelons d (entre 0 et 1) le taux de préférence pour le présent du bon ; on peut le considérer indifféremment comme un taux de préférence « pure » pour le présent ou comme la probabilité que le jeu « s’arrête » au prochain coup, ou comme reflétant les deux. Dans tous les cas, ce paramètre veut simplement dire que pour le bon gagner un dollar demain le rend aussi heureux que gagner un dollar aujourd’hui, comme d est plus petit que 1 il préfère a priori consommer aujourd’hui plutôt que demain. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur la question mais continuons d’avancer.
Lorsque Tuco « vaut » 2.000 $, le bon partage avec lui et ne gagne donc que 1.000 $ aujourd’hui, mais dans l’espoir (pense Tuco), de gagner la moitié de 3.000 $ pendant une infinité de périodes par la suite. Ainsi partager rapporte au bon 1.000 $ + d/(1-d)*1500 $ (si vous n’êtes pas parfaitement patient, recevoir 1 euro tous les jours à partir de demain pendant une durée infinie ne vous semble pas équivalent à recevoir une infinité d’euros aujourd’hui mais seulement d/(1-d) euros). Ne pas partager lui rapporte 2.000 $ puisqu’il prend tout. S’il accepte de partager, c’est donc que 1.000 $ + d/(1-d)*1500 $ < 2.000 $ soit d > 0,57.
Lorsque Tuco « vaut » 3.000 $, le bon préfère cette fois-ci empocher les 3.000 $ et ne pas continuer à gagner 1.500 $ pendant une durée infinie. Le même calcul que précédemment nous donne d < 0,5, d’où une contradiction.
On en déduit soit que le bon est devenu « plus impatient », soit qu’il est irrationnel. Dans les deux cas mon esprit recule devant cette alternative hautement hétérodoxe.
On peut aussi considérer que le bon est simplement mauvais en calcul, et que son d est en fait proche de 0,5. Si c’est le cas ce chiffre est très intéressant parce qu’il est ridiculement bas. C’est comme si vous préfériez avoir 500.000 euros aujourd’hui plutôt que 1 million d’euros demain (je triche volontairement, parce qu’il semblerait plausible de préférer 50 centimes d’euro aujourd’hui à 1 euro demain si on veut s’acheter un café ou une baguette aujourd’hui, aspect souvent ignoré par ceux qui s’intéressent à ces questions). Quoiqu’il en soit, les valeurs retenues par les économistes sont généralement supérieures à 0,9, très loin donc de 0,5 (sur une échelle de 0 à 1).
Faut-il tirer sur le scénariste ? Non, dans le contexte du Far-West ce taux est en fait tout à fait plausible. Si à chaque moment vous risquez de vous faire tirer dessus par un outlaw imbécile (et ivrogne), que votre maison peut être détruite au cours d’un incendie né d’une bagarre au saloon, que les banques sont pillées tous les quinze jours par les Dalton, ou encore que votre bétail peut être facilement volé, on peut comprendre que vous préfériez jouir maintenant de vos maigres possessions plutôt que de les épargner, parce qu’elles ne seront tout simplement plus là demain.
On comprend aussi que l’habitant masculin typique du Far-West préfère dépenser son argent en alcool, en femmes et au jeu plutôt que d’acquérir les superbes horloges franc-comtoises qui font la fierté des citadins normaux : tout bien durable est un bien volable, une rasade de whiskey en revanche ne se vole pas. Bref, il est possible qu’impatience, consommation forcenée de whiskey et sous-investissement soient des réponses optimales à l’insécurité du Far-West, tandis que devenir hors-la-loi est une réponse optimale également pour qui cherche à s’enrichir dans une société où tout investissement de long-terme est impossible. C’est un bel exemple d’équilibre macroéconomique sous-optimal, si vous voulez mon avis.
Notons tout de même qu’il est très possible que le bon soit simplement infichu d’optimiser correctement. Son compère n’est pas tellement plus doué : il prétend en effet avoir droit à plus de la moitié de la prime parce qu’il court plus de risque. S’il avait fait un peu de théorie des contrats, il aurait compris l’intérêt de laisser au contraire une large part au bon pour l’inciter à continuer de coopérer. Pour toute incitation, il le menace de se venger au cas où le bon le laisserait mourir sur la potence, ce que les économistes appellent une menace non crédible. Le bon, alarmé par l’irrationalité manifeste du truand, l’abandonne dans le désert, c’est bien normal.
La fin du film donne un nouvel exemple de la piètre culture économique des protagonistes : au lieu de trouver une règle optimale de partage du butin qui les inciterait tous trois (la brute est venue se rajouter à notre duo) à coopérer et surtout à ne pas essayer de descendre les autres, ils font mine d’ignorer le problème et se retrouvent donc inévitablement à se tirer dessus. On ne pouvait pas en attendre beaucoup plus de la part d’esprits si manifestement fermés au tout premier principe de la microéconomie…
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stop
Pierre M — 08/04/2008 - 00:25j'ai arrêté de lire ici : "1.000 $ + d/(1-d)*1500 $"
...désolé.
Si leur utilité n'est pas seulement monétaire...
Guillaume — 08/04/2008 - 02:28... alors il se peut qu'il soit en faite de parfait optimisateur. (Je me rappelle plus très bien du déroulement exact de la fin du film, donc il peut y avoir des incohérences, mais le raisonnement devrait pouvoir les surmonter, après tout c'est de l'économie !)
Si on postule que chacun des trois protagonistes en a sacrément bavé pour obtenir le magot, et qu'il en veut aux deux autres, alors il est possible que le simple fait de donner une partie du trésor constitue une désutilité (en plus de celle normale qui provient du fait qu'il gagne moins d'argent) [hyptohèse 1]. En postulant qu'il est vraiment énervé contre les deux autres, et qu'on est a plus de 130 minutes de films (en fait apperement ça dépendrait des versions), il tire une utilité de les voir morts (rappelons que l'économiste n'a pas à s'interroger sur les goûts des agents, qui sont des données exogènes). Ils ont donc intérêt à s'entre-tuer.
Enfin, c'est pas si simple, parce qu'il faudrait prendre en compte, la désutilité engendrait par sa propre mort (ce qui suppose une hypothèse extrement forte : l'instinct de survie).
Il faut alors postuler (j'adore cette multiplication d'hypothèses), que l'un d'entre eux soit clairement meilleur que les deux autres (par définition, le bon). Il peut alors maximiser son utilité en choississant le rapport de force.
Voici la tentative d'application numérique (il est une heure du matin passé donc un peu d'indulgence). J'ai pendant un temps réfléchie dans un cadre de rationalité limité (question de réalisme), où la somme des probas était différente de 0, à cause d'erreur d'anticipation, mais je trouve un résultat même avec de bonnes anticipations.
Posons les utilités suivantes (utilités cardinales, d'ailleurs en passant la théorie des jeux type Dilemme du Prisonnier ne réhabilite pas l'utilité cardinal, dont nos manuels de micro nous disent beaucoup de mal, où est-ce qu'il y a quelque chose qui m'échappe):
Utilité lié au butin U1(x)=x-(300-x). Le butin vaut 300, d'où U1(300)=300, et chaque $ donné à un tiers engendre une désutilité du même montant, cad quand je donne 1$ mon utiité diminue de 2: 1 parce que j'ai perdu 1$ (classique) 1 parce que j'ai donné 1$ (cf. hypothèse 1).
Désutilité de la mort U2=-300, on peut penser vu le nombre de dangers confrontés pour obtenir ce butin, qu'il vaut bien la vie de chacun.
Utilité de la mort d'un autre U3=75, j'avoue j'ai pas de justification (c'est la seule faille du raisonnement!!).
Posons les croyances suivantes (qui sont connus par tous):
Le bon reste vivant avec la probabilité 0.6 et meurt avec la probabilité 0.4.
Chacun des deux autres restent vivant avec la probabilté 0.2 et meurt avec la probabilité 0.8.
Le bon a donc trois fois plus de chances que chacun de ses adversaires de s'en sortir.
On peut calculer les utilités éspérées:
-pour le bon: 0,6x[300+2x75]-0,4x300 = 150. (c'est la somme des utilités qu'il tirent de chaque situtation, pondéré par la probabilité que chaque situtation se produise).
-pour les deux autres: 0,2x[300+2x75]-0,8x300 = -150.
Il semble donc que le truand et la brute soient prêt à la négociation, car leur utilité éspérée de l'affrontement est négative. Or pour que le bon accepte la négociation (le partage du butin), il doit éspérer en tirer une utilité de 150+ε (avec ε>0).
On cherche donc x tel que U1(X)>150:
x-(300-x)>150
<=> 2x>450
<=> x>225.
Il faut donc proposer au bon plus de 225 pour qu'il accepte l'offre. Or, en admettant que chacun des deux autres se partagent le reste en part égal (ce qui est plausible vu qu'ils ont les mêmes éspérances de gain): ils obtiendront 37,5 chacun.
Ce qui signifie que chacun obtient une utilité de U1(37,5)=75-300=-225.
Cette désutilité est plus grand que celle éspérée par le conflit. Pour minimiser leurs pertes, ils ont donc intérêt à la fusillade.
Il est 2h du mat' passé, tachons de tirer un enseignement de ce résultat. Ce modèle fonctionne grâce au fait qu'il y a une désutilité à donner de l'argent, et une utilité à tuer autrui. On est donc dans un système (le Far-West) qui favorise l'égoïsme, le sadisme, et la vengeance (c'est pourquoi on a exclu le fait que le truand et la brute s'associent pour tuer le bon, et aussi parce que les contrats sont incomplets). Or on voit que l'on obtient des résultats pas forcément optimaux pour le bien commun (2 morts!). Ceci tend à prouver (et c'est une manière de répondre au post précédent) que le libéralisme ne peut se développer que sur un climat un minimum serein, que permet la démocratie. Ce n'est donc pas l'économie de marché qui favroisse la démocratie, mais l'inverse (c'est normal, car la démocratie permet d'instaurer la confiance entre les individus).
PS: A cette heure-ci j'ai plus le courage de ma relire, désolé pour l'orthographe.
... on l'appellerait mon oncle (désolé)
Jean-Edouard — 08/04/2008 - 08:03@ Pierre M : c'est moi qui suis désolé, voilà ce qui arrive quand je ne peux pas faire relire les messages que je veux mettre sur le blog par Emmeline. Vivement qu'elle ait une connexion internet à Francfort.
@ Guillaume : J'ai un train à prendre donc je ne peux pas être très long, pendant la semaine où je ne suis pas là je n'aurai pas accès au blog donc j'aurai tout le temps pour réfléchir à la question. Il me semble que la seule possibilité est qu'effectivement chacun pense avoir une forte probabilité de tuer les autres plutôt que de se faire tuer, parce que si tout le monde sait que le bon a de plus grandes chances de s'en sortir il est probablement dominant de ne pas jouer du tout. Mais si chacun pense être meilleur que tous les autres les agents ne sont pas très rationnels, et ils devraient être éliminés dans un processus évolutif. Justement c'est ce qui se passe à la fin. Du coup c'est insuffisant pour arriver à ta conclusion puisque le far-West serait alors un système qui en raison même de sa dangerosité s'autorégule très bien en éliminant rapidement ses membres les plus portés sur la gachette. Ajoutons que les Etats-Unis étaient déjà une démocratie à l'époque, même au Far-West.
Pour l'utilité cardinale il n'y en a pas besoin en général dans les jeux, dans l'exemple que tu prends par commodité tu pourrais très bien composer les gains par une fonction croissante sans que cela change quoi que ce soit, parce que les objectifs des uns ne dépendent pas de l'utilité des autres. Si ce n'était pas le cas, par exemple dans un "jeu psychologique", il y aurait peut-être besoin de recourir à des utilités cardinales. Enfin ça sert surtout pour faire des comparaisons en général en contournant l'impasse du critère de Pareto par un peu (beaucoup ?) de relâchement méthodologique. Ca sert à faire de la macro à agent représentatif aussi, comme beaucoup de relâchements méthodologiques...
Je relirai plus attentivement le raisonnement que tu proposes, l'idée est intéressante mais j'ai pas tout bien suivi. A bientôt
bad news...
Emmeline — 08/04/2008 - 22:04J'ai récupéré une connexion ! mon côté Bree Van De Kamp a dû sentir que tu disais des horreurs sur notre blog, and I got creative...
Avis à tous : j'assure l'intérim pendant la semaine où Jean-Edouard se dore la pilule et la peau, n'hésitez donc pas à poursuivre ce débat passionnant (ou pas...), il y a quelqu'un pour publier les commentaires.
@ Pierre M : bravo pour l'exemple de ténacité que vous donnez à vos élèves (oui je suis un peu grinchue, c'est de ne pas avoir trouvé de ce côté du Rhin ma baguette quotidienne)... si des fois ils venaient à passer par là, je leur signale que "1.000 $ + d/(1-d)*1500 $" provient en fait de :
La VAN totale est donc bien de 1000+d/(1-d)*1500.
- 1.000 $ que Clint touche instantanément (soit la moitié des 2.000 $ qu'il partage avec Tuco)
- 1.500 $ demain, qui lui apportent aujourd'hui une utilité de d*1.500 ; 1.500 après demain, soit une utilité (on utilise en finance le terme de Valeur actuelle nette, ou en anglais Net Present Value) de d21.500 ; 1.500 après-après-demain pour une VAN de d31.500 ; et ainsi de suite. Soit une VAN aujourd'hui, de
d*1.500*(1+d+d2+...+di+...). Vos élèves apprendront d'ici quelques années (ou peut-être une seule s'ils sont en Terminale) qu'il s'agit là de la série géométrique première, qui vaut (si -1
En fait j'aurais voulu être prof de maths...
je sais quand même ce qu'est
Pierre M — 10/04/2008 - 09:49je sais quand même ce qu'est une suite géométrique première ou même la VAN. On peut plus faire de second degré maintenant ! N'empêche ca fait toujours bizarre de se faire prendre à froid... il faudrait mettre un petit panneau, "attention ce post contient des maths".
(I agree.)
sahelonline — 10/04/2008 - 19:02(I agree.)
Pas d'offense...
Emmeline — 10/04/2008 - 19:37Je vous ai juste pris comme prétexte pour ces compléments qui me semblaient indispensables (disons pas totalement inutiles en tout cas), parce que tous les lecteurs de ce blog n'ont pas fait d'études de sciences sociales (enfin, j'espère pas...), et que par ailleurs on apprend vraiment les séries après le bac...
Vive la théories des jeux
Aalexandre — 09/04/2008 - 13:31Y'a pas à dire... JE t'es le nouveau John Nash !
Ce film est une vraie richesse
Gizmo — 11/04/2008 - 09:18Ah, Jean-Edouard, vous touchez au plus profond de mes références cinématographiques ! Ce film est une mine pour les économistes. Outre tout ce que vous avez écrit, et qui est d'une grande justesse, il y a bien d'autres choses qui peuvent alimenter la réflexion, et notamment tout ce qui concerne le partage d'information : Blondin connaît le nom de la tombe où se trouve un trésor, mais ne connaît pas le cimetierre que connaît Tuco ; et à la fin du film, il y a un truel (et non un duel ce qui serait trop simple), ce qui signifie que l'ordre dans lequel on doit descendre ses adversaires est crucial, surtout quand on a des informations cachées. Comme le dit Aalexandre dans son langage comme toujours modéré, il y a de quoi construire un manuel entier de théorie des jeux (voire de théorie économique comme vous le montrez) avec ce film. Et en plus il y a Clint Eastwood (ça, c'est pour Emmeline qui j'espère plussoiera...).
Bien vu, + 1. Sauf que pour moi c'est plus "heureusement il y a Clint Eastwood"...
Au passage
Blinis — 11/04/2008 - 17:07N'oubliez pas cher Gizmo que le duel à trois final ( désolé, pour moi une truelle reste un outil de maçon ) est tout sauf régulier, et il y a là une légère asymétrie d'information dont le spectateur est dupe... mais qui peut conditionner la décision de Blondin de se lancer dans ce fameux " truel ". Un autre joli jeu en perspective.
@Aalex : Merci mais je ne
Jean-Edouard — 14/04/2008 - 15:09@Aalex : Merci mais je ne sais pas trop comment je dois le prendre étant donnés les problèmes de Nash. Après Emmeline va pouvoir ajouter à son antienne "mais qu'est-ce que je fais avec un type qui ne s'intéresse qu'à la théorie des jeux" (en plus c'est même pas vrai j'aime bien la micro aussi par exemple) la proposition "et qui finira paranoïaque et halluciné en plus".
@Beaucoup de gens : je vous fais confiance sur le truel (néologisme fort pratiqué par les joueurs de Mario Kart et qui à ce titre ne me choque plus depuis un certain temps, mais c'est vous qui voyez, comme on dit à la SNCF) ; j'avais vu le film il y a très longtemps (l'exposition au Bon la Brute et le Truand peut-il servir d'instrument pour déterminer qui sera attiré par l'économie ? la question mérite d'être posée) et je n'ai pas revu la fin (en raison du caractère trop cérébral du film pour Emmeline). Du coup je n'en ai qu'un souvenir assez vague, heureusement que ce sujet a révélé d'excellents lebonlabruteetletruandologues qui ont traité le sujet à ma place.
Venant de ma part
Aalexandre — 15/04/2008 - 10:31Il s'agissait d'un compliment tant j'admire l'homme qu'est John Nash. Le "pétés du casque" m'ont toujours fascinés et associer folie et théorie des jeux, je pense que c'est le summum du summum...
Lire Nash et voir une toile de Rothko dans la foulée donne une sensation de bien-être indescriptible...
et je pèse mes mots (comme l'a si gentillement dit La Miss Gizmo)
La prime est majorée ?
Giom — 19/04/2008 - 15:39Pourquoi la prime ne pourrait-elle pas passer à 4000$ après les 3000 ? Si la valeur augmente constamment tu n'aurais plus de problèmes je pense...
En effet
Jean-Edouard — 19/04/2008 - 16:37Justement le blondin explique bien qu'il pense que Tuco ne vaudra jamais plus de 3.000 dollars avant de le laisser dans le désert, parce que celui-ci n'est qu'un bandit à la petite semaine. Avec une augmentation constante il n'y aurait effectivement pas de problème. Ce qui montre d'ailleurs que dans ce cas particulier ne pas augmenter la prime mise sur les criminels permet de lutter davantage contre le crime, c'est fort paradoxal.