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Accueil › Spéculations contre l’euro, quand la critique la plus radicale est mainstream

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Question intéressante

Jean-Edouard — 06/01/2011 - 11:51

Là justement il faudrait étendre l'article d'origine, ce que je me refusais à faire dans le billet par prudence. Le message de l'article c'est que le problème ne vient pas tant de l'information privée des spéculateurs que de la présence d'une information corrélée entre les spéculateurs et non accessible aux "investisseurs".

Autrement dit si la seule source d'information des spéculateurs c'est leurs analyses privées les attaques spéculatives ne réussiront que lorsque la dette grecque est effectivement surévaluée. C'est une bonne chose parce que cela permet une évaluation juste de la dette grecque, et notamment ça empêche la Grèce de trop s'endetter ex ante (évidemment une fois que la Grèce est trop endettée parce que le marché a mal fonctionné, il peut ne pas être efficace de revenir brutalement à une bonne évaluation).

La vraie inefficacité survient lorsque les spéculateurs ont aussi accès à une deuxième source d'information commune. Par exemple des "bruits" commencent à courir sur un possible défaut grec, et les investisseurs (ou au moins un grand nombre d'investisseurs) ne l'apprennent qu'avec retard par rapport aux spéculateurs. Dans ce cas ce signal commun permet à tous les spéculateurs de se coordonner sur une attaque spéculative, même ceux dont les analyses révèlent que la situation grecque n'est pas si mauvaise vont attaquer en sachant que tout le monde attaque. Et parce qu'ils ne savent pas tous et pas tout de suite que c'est une rumeur qui a lancé l'attaque, les investisseurs interprètent la réaction du prix des CDS comme un très mauvais signal.

Pour résoudre le problème le mieux est d'empêcher la propagation de "bruits". C'est très facile à faire : il suffit de rendre l'information sur la situation grecque beaucoup plus fiable et transparente, afin d'empêcher la propagation de rumeurs selon lesquelles la Grèce aurait truandé ses comptes et cacherait sa vraie situation. Evidemment là encore ce serait très bien de faire ça ex ante, mais une fois qu'on est dans une très mauvaise situation ce n'est pas forcément une solution adéquate.

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