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"vous devriez justement aller regarder la réalité observable que vous m'opposez"
Ça, J-E, désolé de le redire, il y a longtemps que c'est fait., Il y a quelque chose que vous semblez ne pas comprendre, et que je ne pensais pas avoir à préciser ici (et je suis désolé d'en arriver là). J'ai été cadre dirigeant d'entreprises et chef d'entreprise, j'ai négocié des acquisitions et des cessions d'activités. J'ai beaucoup travaillé avec des directeurs financiers, dont certains étaient mes collaborateurs. Donc sur ce que veut dire concrètement la "valeur" d'une entreprise, j'en connais un rayon. En plus, j'ai deux fils (un MBA Wharton et un ESSEC) qui travaillent tous les deux dans la finance et avec qui je discute souvent de leur métier. Et ça, plus mon expérience personnelle, me donne une bonne connaissance de la façon dont marchent les marchés financiers réels. D'accord, vous en savez beaucoup plus long que moi sur les théories, mais je crois en savoir plus long que vous sur la réalité, et par expérience personnelle, pas en lisant des articles empiriques, même par milliers. Et comme j'ai pris le temps de m'intéresser aussi aux théories, je pense être capable de juger de la distance qui sépare les hypothèses constitutives d'une théorie de la réalité qu'elle vise à représenter.
Cela dit, j'ai dit et répété que je comprends a priori l'utilité de modèles simplifiés. Votre accusation "vous ne comprenez pas quel est le but de la modélisation" est gratuite et à côté de la plaque. Mais je continue à penser que trop c'est trop, et que quand les hypothèses d'un modèle sont trop incohérentes avec la réalité observable, les conclusions de ce modèle sont au minimum suspectes, et en tous cas ne peuvent avoir aucune valeur normative, alors que trop souvent on glisse de l'un à l'autre en sous-entendant que les acteurs de la réalité devraient se conformer aux conclusions du modèle..
Pour parler du fond :
vous dites : "tous les actionnaires d’une même entreprise ne peuvent qu’être d’accord entre eux sur les décisions à prendre, car si ce n’était pas le cas certains vendraient leurs actions à d’autres."
moi je dis qu'il suffit d'avoir assisté à une AG (notamment d'une entreprise dont on est le président) où même d'avoir lu certains comptes-rendus d'AG pour savoir que tous les actionnaires d’une même entreprise ne sont pas toujours d’accord entre eux sur les décisions à prendre, loin de là. Rares sont ceux qui vendent leurs actions pour ça. Certains le font, d'autres pas, et rarement par échanges directs mais via des tiers à travers le marché (je sais, vous allez me dire que ça revient au même et vous aurez raison, mais ça fait partie des écarts cachés entre modèle et réalité).
vous dites aussi " Par le même raisonnement tous les actionnaires doivent être unanimes sur la valeur de l’entreprise, car si certains pensaient qu’elle vaut plus que d’autres, ils rachèteraient leurs actions à ceux qui pensent différemment."
et moi je fais le même commentaire que ci-dessus, mutatis mutandis.
Donc pour en revenir à la façon dont on présente ça aux étudiants, si on leur dit simplement "tous les actionnaires d’une même entreprise ne peuvent qu’être d’accord entre eux sur les décisions à prendre et sur la valeur de l'entreprise", sans leur préciser qu'il s'agit d'un modèle simplificateur, c'est en effet une tromperie (un mensonge si vous préférez). Il faudrait à tout le moins leur dire que dans la réalité, les actionnaires ne sont pas toujours d'accord, et en profiter pour leur expliquer où est l'écart entre modèle et réalité et à quoi le théorème peut néanmoins servir. C’était ma question, à laquelle votre réponse à GSF apporte des éléments de réponse. .

"vous devriez justement aller
elvin — 14/06/2011 - 20:08