Choix d’un métier, sélection adverse et recrutement des instituteurs
Jean-Edouard — 10/06/2008 - 21:17
Comme tout bon billet de blog, celui-ci ne peut que commencer par un fait anodin de ma vie privée sans rapport direct avec le sujet évoqué. Emmeline travaillant en Allemagne sur des choses très compliquées que je ne comprends pas, et moi restant à Paris pour faire la vaisselle mais aussi mon mémoire, nous sommes fréquemment amenés à prendre le train Paris-Francfort ou le Francfort-Paris, afin bien sûr de rédiger nos billets de blog ensemble.
Les trains en question sont des ICE de la Deutsche Bahn, équivalent allemand du TGV dont le génie français s’enorgueillit avec raison (surtout depuis qu’il n’est plus orange, quelle drôle d’idée d’ailleurs). Ce qui me permettra donc de taper sur la dite Deutsche Bahn et non sur la SNCF dont on dit à mon avis (un peu) trop de mal. Ayant eu des cours de statistique, je sais bien qu’avoir été en retard, voire très en retard, une fois ou deux ne veut pas dire grand-chose ; en revanche, quand après une bonne dizaine d’allers-retours le train n’a eu moins de dix minutes de retard que deux fois et a eu plusieurs fois une bonne heure voire 3 heures de retard (me faisant arriver à Francfort à 2h du matin), il y a tout de même un problème.
Comme tout bon voyageur énervé, ma réaction première est de me dire que c’est de mal en pis et que c’était certainement mieux avant. Ce en quoi j’ai peut-être bien tort et cède à la pente glissante du déclinisme, mais admettons tout de même que c’est parfois vrai (c’est indiscutablement vrai des déclinologues, lit-on chez Denis Colombi dans un de ses commentaires, et des groupes de rock). Et ce n’est pas si facile, pour un économiste, de comprendre pourquoi la qualité de certains biens et services se dégrade, tandis que celle d’autres augmente. Après tout les techniques de production s’améliorent, et les techniques de contrôle aussi. La solution de ce paradoxe de baisse de la qualité dans le temps réside à mon avis, comme le paradoxe de la hausse de la production agricole dans le temps selon le créateur de la notion, Theodore Schultz, dans le capital humain.
Le lecteur pressé peut tout de suite sauter le petit modèle (enfin c’est beaucoup dire) suivant, qui donne tout de même quelques intuitions, et passer directement au II. qui traite du monde réel, au III. qui en traite encore plus, et au IV. qui parle des instituteurs.
I. Le déclin du service public en équations
Introduisons un petit modèle simplificateur et simpliste et tout ce qu’on voudra, dans un esprit un peu akerlovien. Pourquoi travaille-t-on ? On a parfois tendance à l’oublier, bien sûr, tellement nous sommes transportés par l’idée de la valeur travail, mais c’est généralement d’abord pour un salaire, qu’on pourra noter w. En contrepartie, le travail est tout de même pénible (même quand on a la chance se de lever tôt) et procure donc une désutilité, qu’on pourra noter L. Cette désutilité peut être compensée par d’autres éléments d’ordre psychologique ou sociaux, certains ont par exemple peut-être une vocation particulière, V, pour un certain travail (qui leur semble moins pénible qu’à ceux qui n’ont pas la dite vocation), mais c’est un élément que nous ne traiterons pas ici. Ce qui nous intéressera particulièrement en revanche est la réputation (R) : certains métiers sont simplement plus valorisants que d’autres, et exercer un métier valorisant est plus agréable qu’exercer un métier dévalorisé. Toutes choses égales par ailleurs on est donc prêt à accepter un salaire plus faible pour un métier plus valorisant.
Au final on peut résumer l’utilité que rapporte le fait d’accepter un emploi donné plutôt que de ne pas l’accepter à U = w + R - L
Tout cela n’a pas beaucoup d’intérêt tant que l’on suppose que toutes ces lettres sont données de manière exogène. Ici nous allons supposer que l’on peut « endogénéiser » R de la manière suivante :
Supposons que vous vous apprêtiez à vous engager dans la vie professionnelle, ou dans des études spécialisées afin d’exercer tel ou tel métier. Vous n’êtes pas tout seul évidemment, et supposons pour simplifier que dans votre « génération » il y ait 100 personnes, dont on résumera les compétences générales à un indice entre 1 et 100 (à chaque génération une personne a 1, une autre 2 etc. jusqu’à 100). Chaque individu est donc caractérisé par un certain n, entre 1 et 100.
Vous hésitez entre deux métiers vers lesquels vous tourner. Le premier métier est un peu particulier en ce qu’il sera impossible d’y évaluer votre contribution marginale à la production : difficile en effet d’identifier le mécanicien grâce à qui le train est arrivé à l’heure, le professeur qui fait spécialement bien son travail, ou l’abruti qui a mis à la poubelle ma demande de remboursement (pardon, de compensation) du billet pour ce train arrivé avec 3h de retard(1). Dans le deuxième en revanche vous serez rémunéré proportionnellement à votre compétence. Mettons donc, toujours pour simplifier, que si vous choisissez cette deuxième voie votre utilité totale (salaire, réputation et désutilité du travail compris) soit égale à n, votre niveau de compétence. (2)
En posant U l’utilité de notre premier métier, on choisit donc ce premier métier si et seulement si U > n, soit w + R – L > n.
Nous pouvons enfin traiter la question de la réputation. Chaque année 100 personnes arrivent sur notre mini marché du travail et choisissent ou non de candidater pour le premier métier ; l’entreprise (ou l’administration), parce qu’elle est très rationnelle, réussit à sélectionner parmi les candidats les dix meilleurs qui se présentent, et les garde deux ans (pensez 40 ans si vous préférez, c’est pareil). A chaque période on a donc dans cette entreprise 10 personnes qui viennent d’être recrutées, et dix personnes recrutées l’année d’avant. Ensuite elle rend le service que les consommateurs attendent d’elle. Ce service est d’une qualité proportionnelle à la somme des compétences des divers employés. En observant la qualité du service, les consommateurs peuvent donc déduire la compétence moyenne des employés (les trains arrivent toujours en retard, donc ils sont vraiment nuls). Nous supposerons la réputation égale à 50% de cette compétence moyenne (et nous supposerons aussi, le contraire ne ferait que renforcer le résultat final, que les candidats ne se préoccupent que de leur réputation pendant la première période où ils travaillent).
Pour avoir des résultats numériques posons R = 50*(Moyenne des compétences / Moyenne maximale)
Supposons qu’au début tout aille bien et que les plus qualifiés soient engagés avec w-L = 50 et R = 50 (R = 50 quand tous les employés sont entre 91 et 100).
Maintenant baissons w de 10, ou augmentons L de 10, de sorte que w-L passe de 50 à 40. Au maximum on aura U = 90. Les 91-100 ne voudront plus travailler dans ce secteur (ils ont au moins une utilité de 91 dans l’autre) et la qualité du travail baissera (on appelle ça un problème d’antisélection). Mais tous les candidats savent que les 91-100 ne postuleront pas, et que la qualité du travail sera donc au mieux celle obtenue en faisant travailler les 91-100 de la période d’avant et les 81-90 de la nouvelle période, ce qui donne au mieux R = 47,38 donc au mieux U = 87,38. Donc non seulement les 91-100 n’entreront pas, mais 88, 89 et 90 non plus car ils savent que la réputation de ce secteur sera trop faible pour compenser ce qu’ils pourraient obtenir ailleurs. Et tout le monde sait que 88, 89 et 90 n’entreront pas. Donc la réputation est au mieux celle qu’on obtient en faisant travailler les 91-100 avec des 78-87 soit 46,59. Donc finalement U vaut au mieux 86,59 donc 87 ne travaillera pas non plus et la réputation sera au mieux 46,33, rien ne permet d’exclure que 86 travaille.
Après cela se complique un peu. Il est très possible que les candidats entre 77 et 86 soient tous persuadés qu’aucun d’entre eux ne candidatera (il existe ce verbe, au fait ?), en quel cas on a une prophétie autoréalisatrice. Il y a en fait plusieurs équilibres : au mieux il est possible que les candidats entre 77 et 86 postulent et soient pris. Au pire, U est au moins égal à 26,44 (si seuls les 1-10 se présentent) et on peut refaire le même raisonnement à l’envers : au pire U vaut 66,44, donc au pire les 57-66 se présentent etc. Bref on a une série d’équilibres entre le pire et le meilleur équilibres possibles.
Supposons qu’en première période on arrive au meilleur équilibre et que les 77-86 candidatent et soient pris. En deuxième période les 91-100 seront partis à la retraite et le jeu recommence mais, cette fois-ci, les « anciens » sont de compétences 77-86, pas 91-100. Par le même raisonnement, on tombe à la deuxième période au mieux avec les candidats entre 72 et 81. A la troisième les 77-86 seront partis à la retraite, cette fois on n’aura que les candidats entre 70 et 79, et on en reste là par la suite.
Au final, une baisse de salaire de 10 entraîne une perte de qualité moyenne de 20 suite à un double effet d’antisélection : on perd les 10 meilleurs à cause de la baisse de salaire, et les dix suivants au bout de quelque temps à cause d’une baisse graduelle du prestige du métier en question.
Notons au passage que toutes nos simplifications ou presque ont été dans le sens d’empêcher une baisse trop forte : focalisation sur l’équilibre le plus haut, prise en compte d’une seule des deux périodes dans la fonction d’utilité, présence d’anciens qui font office de force de rappel etc.
II. Redescendons sur terre
Quoique fort simple, ce modèle illustre une logique assez générale qu’on voit bien à l’œuvre notamment dans certains secteurs de la fonction publique : les salaires réels n’ayant guère augmenté au fil des décennies, ceux qui ont le plus d’opportunités ailleurs font autre chose, et ce sont bien souvent les meilleurs. Du seul fait que le salaire est moins élevé, le prestige de la fonction est moins important (ce que nous avons ignoré ici), et il baisse encore du fait que la qualité du service se dégrade (ce qui permet ex post de justifier que l’on n’augmente pas les salaires).
Si l’on réfléchit sur un siècle (la meilleure façon de voir nos périodes ici est peut-être de les considérer comme comportant 10 ou 20 ans) on peut penser au cas des instituteurs (que nous retrouverons plus bas) : au début un instituteur est quelqu’un de correctement payé relativement au reste de la population, si bien que c’est un notable dans les petites villes de province. Puis son salaire relativement au reste de la population baisse, baisse et baisse encore. On peut d’abord se dire que l’instituteur est certes peu payé, est tout de même très bon et a choisi on métier par vocation, mais plus ça va et plus on se dit que soit il avait vraiment une vocation extrêmement forte, soit il n’est pas si bon que ça et n’avait pas beaucoup de choix disponibles de toute façon. A des degrés divers le reste de l’Education nationale est concerné également. Même les plus motivés et les plus passionnés finiront par déserter l’enseignement dans le secondaire, tant il est difficile de servir périodiquement de bouc émissaire à un gouvernement cherchant à justifier le peu de crédits alloués à l’enseignement (on pense par exemple à cet épisode), dans l’idée par exemple que les professeurs font un travail formidable et que d’ailleurs on ne remplacera pas tous les départs à la retraite, ce qui fait que l’Education nationale marchera encore mieux (ce qui en dit long sur la productivité marginale supposée des profs partant à la retraite). Dans l’enseignement supérieur ce n’est évidemment guère mieux, et pour les meilleurs notamment la possibilité d’exercer ses talents dans des universités et laboratoires étrangers est évidemment tentante.
Une solution serait évidemment d’arriver à mesurer la productivité de chaque fonctionnaire et de le rémunérer en conséquence, ce que l’on entend beaucoup dire sans voir beaucoup de progrès en ce sens. Des progrès importants seraient à vrai dire étonnants, tant sont rares les métiers où une telle évaluation semble possible, ne serait-ce que théoriquement.
Il serait intéressant aussi d’appliquer le même modèle aux concours d’entrée aux grandes écoles : si telle filière devient plus intéressante, elle attire plus d’élèves brillants, et du seul fait qu’elle attire ces élèves elle devient plus prestigieuse et devient encore plus recherchée, du seul fait que le concours devient plus difficile. On voit de plus en plus de bons élèves de Terminale S choisir de faire une prépa commerciale plutôt qu’une prépa scientifique, conséquence retardée du décrochage des salaires des « ingénieurs » par rapport à ceux des « commerciaux ». Et si on croit un peu à l’effet mis en relief dans ce modèle, la stratégie de beaucoup d’écoles d’ingénieurs de se reconvertir dans l’ « ingénierie financière » intervient trop tard pour renverser la tendance.(Note d’Emmeline)
Cela peut s’appliquer bien sûr aux cheminots du début de ce billet, mais il faudrait enrichir le modèle en traitant de la motivation au travail. On comprend en tout cas qu’on n’ait pas envie de se tuer pour faire arriver des trains à l’heure quand toute la population française vous prend de toute façon pour un fainéant gréviste, incapable, comblé de privilèges et surpayé (à tel point qu’on est surpris que plus de monde ne veuille pas être cheminot).
III. Que retirer de ce raisonnement ?
Tout modèle (en fait, tout raisonnement) étant une représentation simplifiée de la réalité, l’essentiel pour ne pas dire de bêtise est d’en tirer la bonne interprétation. Il ne s’agit pas ici de dire qu’il faut absolument plus payer les enseignants ou les cheminots, mais que quand on discute de ces questions il ne faut pas perdre de vue quelques faits basiques :
-D’abord que le travail n’est pas un bien en soi pour le travailleur mais une désutilité, qui mérite donc salaire, quelle que soit la vocation supposée de l’employé (« ni nonnes, ni bonnes, ni connes » scandaient les infirmières, dont la rémunération est encore supposée être d’ordre moral et spirituel). De meilleures conditions de travail peuvent donc compenser un salaire plus faible et il ne faut jamais regarder les deux séparément. Beaucoup de gens rejoignent la fonction publique parce qu’ils y trouvent des avantages, non des privilèges, qui compensent un salaire généralement plus faible que ce qu’ils pourraient avoir ailleurs (pour les cadres en tout cas), salaire qui explique que ceux qui traitent les fonctionnaires de fainéants ne rejoignent pas la dite fonction publique (à supposer qu’ils aient les compétences requises). Il est d’ailleurs étonnant qu’on ne fasse jamais le même reproche aux cadres qui disposent dans des entreprises privées de tout un tas d’avantages en nature ou simplement de bonnes conditions de travail.
-Ensuite que le marché du travail étant caractérisé par un nombre importants d’imperfections (asymétries d’information et aléa moral notamment), surtout dans le secteur public (allez mesurer la productivité marginale d’un instituteur ou d’une infirmière), salaires et avantages servent à révéler en partie l’information privée des agents. En supprimant des avantages dans l’espoir de réaliser des économies on peut ne faire que dégrader la qualité du service, ce qui nécessite in fine d’embaucher plus de gens (à supposer qu’on veuille garder la qualité constante). Dans tous les cas il est très possible que, sous prétexte d’économie, on ne fasse qu’empirer la gestion des fonds publics.
-Un des éléments souvent sous-estimés par les économistes dans le choix d’un métier est le prestige associé à celui-ci. La prise en compte de cet élément permet de montrer des effets cumulatifs importants : une profession mieux rétribuée attire toutes choses égales par ailleurs des gens plus compétents, devient donc plus prestigieuse (ce qui rend ex post plus acceptable par la société qu’elle soit mieux rémunérée), attire des gens encore plus compétents etc. Et inversement pour des professions moins bien rémunérées.
Bien sûr la réalité est plus complexe, ne serait-ce que parce que les gens ont des compétences diverses associées à différents métiers et non un unique indice de compétences générales. Si cela peut bien sûr contrebalancer l’effet mis en évidence, j’espère avoir convaincu le lecteur que c’est au moins une logique qui peut jouer et semble parfois pouvoir être observée empiriquement. En tout cas, il est important de retenir que l’utilité non monétaire retirée d’un emploi n’est pas nécessairement indépendante du salaire. Ainsi il ne suffit pas de réconcilier les français avec la valeur travail, de les extraire de leur marxisme-corporatisme supposé pour leur donner confiance en leur employeur et en leur société, de faire aimer aux jeunes le monde de l’entreprise ou de montrer aux terminales S les beautés de la recherche scientifique, il faut peut-être aussi mieux rémunérer les gens ou améliorer leurs conditions de travail (mais ça coûte plus d’argent évidemment).
IV. Réforme du recrutement des instituteurs
Il faut encore, si l’on en croit le titre du billet, dire un mot des instituteurs. Le gouvernement a pour projet de ne plus les recruter au niveau licence comme c’était le cas auparavant mais à la sortie d’un M2, ce qui de fait supprime le passage en IUFM, qui dure deux ans. Voir par exemple ici pour des détails. La raison officielle est bien sûr d’améliorer le niveau des enseignants, qui seront désormais titulaires d’un M2 et non d’une L3. Mais si l’on raisonne dans le cadre adopté jusqu’ici, c’est typiquement une fausse bonne idée : les titulaires d’un M2 qui accepteront d’être instituteurs avec le salaire et le peu de considération sociale que cela comporte seront pour certains d’authentiques héros surmotivés par l’enseignement, et pour d’autres les titulaires moins brillants d’un M2, qui n’auront pas trop le choix. Au niveau licence on pouvait au moins espérer attirer des gens compétents et motivés mais n’ayant pas les moyens - ou l’envie – d’études trop longues.(Note d’Emmeline 2)
La vraie idée de cette réforme est probablement de contenter ceux qui pensent que les IUFM sont un repaire de dangereux gauchistes passant leur vie à endoctriner des jeunes maîtres qui pervertiront nos chères petites têtes blondes au lieu de leur enseigner la morale et la civilité(3). Cette institution court-circuitée, on enverra dans des classes des jeunes pas forcément motivés, peut-être un peu frustrés, et qui de plus n’auront guère reçu de formation pédagogique. L’avenir s’annonce souriant.
(1) Je soupçonne que le service réclamations est sous-traité par la SNCF à une entreprise dont elle a bien du mal (et peu d’incitations) à contrôler les résultats, qui donc fait mal son travail sciemment, et embauche elle-même des employés peu motivés par ce travail passionnant et font également mal leur travail à dessein : double sabotage.
(2) On me fera remarquer qu’il y a plus de deux métiers dans le monde réel. On peut considérer qu’on choisit entre un métier particulièrement attirant mais où l’on sait que sa productivité ne sera pas observable, et d’autres métiers dont on ne sait pas grand-chose parce qu’on ne s’est pas beaucoup renseigné dessus mais où l’on pense qu’en moyenne on sera rémunéré en fonction de sa productivité. Vous pouvez aussi considérer que ce choix s’effectue au moment de commencer des études spécialisées, et qu’après trois ans d’étude il devient un peu idiot de changer d’avis et de subir de nouveau trois ans d’études plutôt que de choisir le métier pour lequel on a étudié.
(3) Je me demande d’ailleurs si les électeurs de droite n’ont pas tendance à penser que les gens normaux votent à droite, mais que les plus jeunes votent à gauche parce qu’ils ont été pervertis par un enseignement marxiste et périmé (comme en SES, comme chacun sait), tandis que les électeurs de gauche pensent qu’il est normal de voter à gauche, mais que les plus vieux votent à droite pour tout un tas de raisons, le journal de Jean-Pierre Pernaud n’étant pas la moins avancée. Est-il possible de départager statistiquement ces deux thèses ?
(Note d’Emmeline) : Il y a 50 ans HEC était une école pour élèves assez médiocres quoique fortunés, et le concours disons… peu sélectif. Puis suit l’évolution que l’on sait, culminant avec le passage de un an à deux ans de prépa il y a une douzaine d’années.
(Note d’Emmeline 2) : Sans compter qu’il vaut mieux que les instituteurs soient formés à avoir une bonne orthographe, plutôt que d’être des spécialistes des chevaliers de l’an mil au bord du lac de Paladru, spécialité intéressante mais qui peut se conjuguer avec une orthographe immonde (si un tel spécialiste existe, qu’il ne se sente pas personnellement visé en tombant sur ce texte).



Non, il n'existe pas...
Gizmo — 10/06/2008 - 22:09... ce verbe "candidater". Postuler est le verbe adéquat. Pour le reste, et pour les lecteurs dont la sensibilité pourrait être heurtée par la phrase "Le travail [...] procure donc une désutilité", soulignons que le travail est désutile pour ceux qui en ont. Enfin, permettez moi de ne pas verser de larme sur la mort annoncée des IUFM (auxquels j'appliquerais volontiers un raisonnement akerlovien pour expliquer le recrutement de leurs formateurs).
Le point de vue de l'employeur
Anonyme — 10/06/2008 - 23:10Je crois qu'il ne faut pas surévaluer l'intérêt objectif pour l'employeur de disposer de salariés/travailleurs intelligents, motivés, capables d'initiatives, ou même simplement compétents : surtout dans les organisations employant un grand nombre de personnes exerçant peu ou prou la même fonction. Même si évidemment tel n'est pas du tout le cas dans les très petites organisations ou à l'intérieur d'équipes-projet innovantes.
La recherche du profit implique à notre époque une formalisation croissante du processus de création de valeur que soutient désormais la puissance de l'informatique de gestion alimentée par les réseaux de capteurs automatisés, au point de réduire le processus de production à une évaluation de la performance en chaque point par batterie d'indicateurs.
Le travailleur, y compris le travailleur intellectuel, sait désormais que ses revenus sont sans réel rapport avec les efforts qu'il fournit et la motivation dont il témoigne, mais uniquement avec l'approximation plus ou moins réussie de ce que sa contribution individuelle apporte à l'atteinte des objectifs de production et de profit qui en découlent tels que mesurés par les indicateurs calculés par les machines de gestion à partir des données prélevées par les capteurs implantés tout au long du processus, processus très imparfait malgré sa complexité technique auquel pourtant le travailleur s'adapte par intérêt. Vous noterez qu'il n'est pas ici question de justice : non pas qu'on s'interdise d'être juste, mais on ne s'interdit pas pour autant de ne pas s'en soucier dès lors qu'on y trouve intérêt ou tout simplement qu'on ne voit pas comment faire autrement : par exemple, des rémunérations identiques pour tous sont tout à fait satisfaisantes dès lors qu'un vivier existe pour remplacer les défections, surtout s'il existe un consensus assez fort pour refuser de reconnaître quelques indicateurs que ce soit comme pertinents pour fournir une évaluation de la valeur des contributions individuelles à l'effort de production (ce qui est assez fréquent chez les enseignants, par exemple). C'est pour cette raison que les filières de formation des ingénieurs sont en plein déclin des deux côtés de l'atlantique (Intel s'en émeuvait d'ailleurs il y a plus de trois ans) : parce qu'il est plus difficile de mesurer par batterie d'indicateurs ce que produit l'ingénieur que ce que produit le commercial, et que quiconque comprend ce qu'est désormais le fait de disposer d'un emploi, c'est à dire, se focaliser sur les indicateurs de performance, peut indifféremment ou presque exercer n'importe quel emploi, et donc, choisit simplement celui qui lui rapportera le plus. Le point important est celui-ci : si quelqu'un trouve un moyen de mesurer même approximativement le rendement d'un ingénieur, il est tout à fait possible que les salaires de ces professions reprennent une place honorable dans l'échelle des rémunérations.
Cela ne changera pas pour autant la qualité du travail produit : en effet, "faire de la croissance", cela consiste à répondre à de nouveaux besoins. Mais, au lieu d'inventer de nouveaux besoins, ce qui est compliqué, incertain et périlleux, surtout pour les acteurs en position dominante, pourquoi ne pas tout simplement sciemment échouer à répondre aux attentes exprimées de la société en ne proposant que des réponses (sous la forme de produits, services, etc.) inadaptées, dans l'espoir de revendre le lendemain une autre solution tout aussi inadaptée au même besoin ?
Par exemple, quel espoir avez-vous de vendre de nouveaux produits quand vous êtes une compagnie ferroviaire qui amène ses trains à l'heure à l'endroit prévu ? Ne vaut-il pas mieux, économiquement parlant, vous concentrer sur l'extension de votre gamme commerciale, par exemple, vers la vente d'assurances contre les retards ou de services annexes (surfacturation de la téléphonie mobile et de l'accès Wi-Fi à bord, etc.) plutôt que de chercher à satisfaire vos clients, et, ce faisant, perdre toute perspective de les voir exprimer de nouveaux besoins auxquels vous pourriez tout à fait souhaiter répondre dans votre propre intérêt ?
Je vous trouve juste bien
VilCoyote — 11/06/2008 - 10:53Je vous trouve juste bien complaisant avec les IUFM (dernières phrases), en tout cas en ce qui concerne la 2e année pour les profs du secondaire (PLC2) : pour y avoir passé un an et recueilli moult témoignages spontanés d'autres jeunes titulaires, ce n'est pas une machine à décérébrer, mais c'est un repère de glands, d'incompétents, de prétentieux, de petits chefs imbus de leur personne, de profs bordélisés dépressifs, de psycho-pédagogues en bois, qui n'apportent absolument rien sur le plan pédagogique et représentent une perte de temps, d'argent du contribuable et d'efficacité. Le problème de la réforme du recrutement / suppression de l'IUFM est : qu'est-ce qu'on va faire de tous ces parasites ? On pourrait les payer à rester chez eux, ils seraient tout aussi utiles et en tout cas moins nocifs que devant un parterre de jeunes profs.
à titre personnel
Emmeline — 11/06/2008 - 12:03Désolée chéri pour cette trahison je tiens à signaler que pour en avoir également eu des échos, et aucun glorieux, à quoi s'ajoute l'agacement profond que m'inspire Meirieu, je me réjouirais assez de la disparition des IUFM tels qu'ils existent aujourd'hui, et c'est d'ailleurs le sens de ma note numéro 2. Je ne pense d'ailleurs pas trahir Jean-Edouard en disant qu'il n'en est pas non plus un chantre émerveillé (c'est juste qu'il aime bien râler), me souvenant de notre atterrement commun en lisant une copie de francais de première, et pas d'un si mauvais élève en prime, truffée d'autant de fautes par ligne que d'occurrence de termes, pardon de concepts, comme "schéma actantiel" ou autres "objectivation de l'adjuvant", par page. Triste triste triste.
Il n'empêche qu'il y a probablement de la place pour un vrai enseignement théorique et concret de la pédagogie, ou au moins de l'attitude devant élèves - placer sa voix, tenir un tableau, ca s'apprend ; sans compter, tout bêtement, ce qu'on doit apprendre aux élèves (suis-je la seule à avoir subi des cours de grammaire erronés parce que mon institutrice, pourtant loin d'être sotte, était matheuse de formation et n'avait pas entendu parler de COD depuis sa quatrième ?) ; et qu'on aurait pu transformer les IUFM plutôt que de constater que fort peu dubitablement ca ne marchait pas et les supprimer, un point c'est tout. Un peu facile. Et sans vouloir faire ma Baverez, les écoles normales, également bien sûr par les échos que j'en ai eus et tout et tout, ca n'était pas si mal.
Bonne question pour les parasites. Hé ben on va les renvoyer devant les élèves ? ouille !
Bon et puis c'est quand même pas le sujet premier du billet...
La reconversion joue aussi
Cimon — 12/06/2008 - 00:03Peut-être est-ce mon environnement professionnel qui me pousse à voir les choses ainsi, mais il me semble que, tout en étant fonctionnaires (et cadres A), un inspecteur des impôts et un professeur des écoles (ben oui, les instituteurs sont cadres B) sont dans des situations radicalement opposées face à une dégradation de leurs conditions de travail et/ou de leur salaire. En effet, on voit mal comment le professeur des écoles (c'est probablement tout aussi vrai pour un certifié ou un agrégé, et dans une moindre mesure pour les universitaires) pourrait trouver à valoriser son expérience dans une structure concurrente, sauf à mettre en concurrence les écoles (pour les collèges, lycées et dans le supérieur, c'est déjà le cas au moins au niveau des élèves, non ?) à ce niveau. Certes, il est possible de trouver quelques rares emplois en détachement dans l'administration (genre assistant de vérification de chambre régionale des comptes, métier fort respectable mais offrant numériquement peu de postes), mais c'est tout autant le cas des inspecteurs des impôts. Les membres de ce corps peuvent en outre beaucoup plus facilement pantoufler, car les compétences en matière fiscale sont demandées par une large gamme de sociétés commerciales ou de cabinets de conseil (ou d'avocats).
Question subsidiaire : comment un corps peut-il faire pour retenir ses membres lorsque les salaires offerts dans le privé sont nettement meilleurs ? Stratégie de compétition (essayer de proposer des salaires comparables, en pratiquant des incitations salariales fortes) ou stratégie de différenciation (se dire que de tout façon, c'est perdu, et proposer une politique salariale peu différenciée) ?
Tout ça pour dire qu'il me semble qu'il y a également un biais dans le recrutement des fonctionnaires : on peut postuler (pour faire plaisir à Gizmo) une antisélection sur le déroulement de la carrière : les candidats fonctionnaires sont plus adverses au risque et sont donc prêts à sacrifier des perspectives de gain plus élevées contre une garantie de carrière linéaire plus élevée. Bref, ils se situent, en termes de couple rendement-risque, plutôt plus en bas à gauche que la population moyenne. J'en arrive alors au problème des politiques salariales incitatives. Celles-ci ont pour conséquence de décaler le couple rendement-risque vers le haut et à droite, chose parfaitement acceptable pour la population générale, mais qui pose problème pour la population ainsi anti-sélectionnée. Je fais remarquer que j'explique ainsi le corporatisme rétrograde (et crasse, j'allais oublier) de toute une population (ça, c'est pour rester dans le ton général du billet), mais surtout que je ne fais aucune hypothèse sur la compétence des uns ou des autres. Il est peut-être possible de lier aversion au risque et compétence (les bons étant censés être plus préparés donc, moins risque adverses), mais personnellement je n'y crois pas.
@ Anonyme : je dois avouer qu'il y a deux détails qui m'échappent : tout d'abord, si les salaires des ingénieurs sont bas (voire diminuent) en raison du caractère inquantifiable de leur rendement, je vois mal ce qui explique qu'ils aient eu à un moment un salaire élevé, puisque leur rendement a toujours été inquantifiable.
Sur le constat d'érosion du prestige des filières techniques, j'approuve, mais je pense que les situations diffèrent profondément d'un pays à l'autre : aux USA, au Royaume-Uni, en Hollande (où il sort chaque année moins d'ingénieurs que les besoins de Philips !), la filière technique est particulièrement dévalorisée (même s'il ne faut quand même pas trop exagérer), alors qu'en France, et dans les pays latin plus généralement, c'est beaucoup moins le cas. N'en déplaise aux maîtres des lieux, l'école polytechnique est (et me semble durablement) extrêmement prestigieuse en France (comme l'école centrale, l'école des mines, télécom, supélec, les ponts...).
"(ben oui, les instituteurs
Anonyme — 12/06/2008 - 09:33"(ben oui, les instituteurs sont cadres B) "
Malheureux que dites-vous là ! Ce ne sont plus des instituteurs (cadre B), mais des professeurs des écoles, siégeant aux côtés des agrégés de barre fixe dans les rangs alignés des cadres de catégorie A
"Anonyme : je dois avouer
Anonyme — 12/06/2008 - 17:23"Anonyme : je dois avouer qu'il y a deux détails qui m'échappent : tout d'abord, si les salaires des ingénieurs sont bas (voire diminuent) en raison du caractère inquantifiable de leur rendement, je vois mal ce qui explique qu'ils aient eu à un moment un salaire élevé, puisque leur rendement a toujours été inquantifiable."
Dans mon esprit, il fût une époque, celle justement de l'ingénierie triomphante (d'après 1929 à la naissance de la finance moderne) où les dirigeants d'entreprises ont renvoyé à leurs bouliers les actionnaires jugés coupables de la crise de 29. Cette époque a pris fin lors de l'invention simultanée de la technocratie (transfert des managers et ingénieurs de l'industrie au gouvernement : par exemple, à l'occasion de la création de la CECA, la création de l'ENA, puis l'élection de Giscard) et des chocs pétroliers. Mais, à cette époque, l'idée même de chercher à quantifier la contibution à l'entreprise des personnels ayant des fonctions intellectuelles, qu'ils soient ingénieurs ou managers, était hérétique (et on renvoyait la crise de 29 à la gueule de ceux qui prétendaient le contraire). L'on considérait tout simplement que l'évaluation de cette contribution était impossible faute de modèles, de méthodes, et de données et l'on sous-entendait que cette approche était stérile. D'ailleurs, cet état d'esprit (inquantifiabilité de la contribution individuelle d'une profession intellectuelle au service rendu) a survécu dans le nouveau territoire de la diaspora technocrate : le service public. Le débat s'est sensiblement infléchi avec l'avènement de la technocratie dans la puissance publique, au cours de laquelle le managérialisme impliquait l'existence d'une méthode et postulait la supériorité d'une approche rationnelle sur une approche politique : restait le problème des données, qui est resté longtemps insoluble pour le secteur concurrentiel (le service public a d'ailleurs créé d'innombrables émanations pour s'en procurer et justifier la technocratie, le coût n'étant pas un problème pour lui en considérant la mission d'aménagement du territoire), jusqu'à l'avènement de la micro-informatique, de l'électronique de masse et des réseaux.
Je vais voir si je retrouve sur internet le grand plaidoyer de Mr Moore ("loi de Moore") de 2003 au sujet de la médiocrité croissante de la formation fournie par les meilleures filières d'ingénieurs aux USA.
Esprit d'escalier
Anonyme — 13/06/2008 - 08:40Quelque chose me vient à l'esprit : je me demande si les filières de formation produisant les plus massives quantités d'excellents ingénieurs ne sont pas des nations dans lesquelles les institutions financières sont les moins developpées (je pense à la Chine, l'Inde et le Brésil). Le fait que la Finlande soit une exception à cette lecture me semble renforcer encore l'intuition sous-jacente (une réconciliation est possible, à condition d'admettre l'existence d'un antagonisme stérile)
Dévoilerez-vous aux fans le
Thomas — 13/06/2008 - 12:02Dévoilerez-vous aux fans le sujet de votre mémoire? :p
Sinon je n'ai jamais compris comment on pouvais devenir prof de math dans le secondaire. Vu le niveau nécessaire pour réussir le CAPES et le revenu auquel on peut prétendre avec le même niveau dans le privé en étant ingénieur par exemple, c'est un choix qui me parait plutôt peu rationnel....à moins d'avoir une TRES forte vocation pour l'enseignement.
Désolé pour le retard...
Jean-Edouard — 14/06/2008 - 12:58c'est très impoli de la part d'un blogueur de faire attendre aussi longtemps les lecteurs suffisamment aimables pour laisser leur opinion.
@Gizmo : je me disais aussi que ce verbe était bizarre. Il y a un problème d'incitation à bien écrire chez les économistes, voyez par exemple le remplacement progressif de l'expression "un modèle un peu fruste" par l'expression "un modèle un peu frustre". pour les IUFM Emmeline m'a bien défendu, ce n'est pas parce que quelque chose fonctionne très mal qu'il faut forcément le supprimer (sinon je n'aurais plus d'ordinateur ni d'accès internet). Je ne connais pas grand-chose aux IUFM mais j'ai du mal à croire que leur productivité marginale soit négative.
@Anonyme1 : il faudrait que je réfléchisse beaucoup pour savoir si je suis d'accord avec tout ce que vous dites, mais en tout cas nous sommes visiblement dans la même problématique. J'espère qu'il était clair dans le billet que l'essentiel était bien que dans l'une des filières la productivité d'un salarié était bien plus facile à évaluer que dans l'autre, ce que vous avancez également comme déterminant.
@VilCoyote : voir Emmeline
@Emmeline : merci ma chérie
@Cimon : c'est bien une explication d'assureur ! c'est vrai qu'elle est simple et assez convaincante, mais justement elle ne permet pas de dire grand-chose sur la qualité du service et son éventuelle dégradation, qui était justement la question que je me posais, debout dans le Paris-Francfort qui a duré 7h. La reconversion est sûrement un aspect important du problème puisqu'elle est anticipée ex ante, au moment du choix d'un métier. Voyez par exemple la prof de maths en prépa de ma petite soeur, qui abandonne ses élèves deux semaines avant les concours pour faire un stage en entreprise et se reconvertir dans le privé (bonjour la conscience professionnelle). Ou inversement ceux qui ont commencé dans le privé et recommencent une thèse à 35 ans et plus.
@Anonymes 2 et 3 : c'est très intéressant. C'est pour ce genre de problèmes qu'un économiste aimerait bien disposer de références en sociologie, d'études de carrière (au double sens du terme) etc. Ah non, j'oubliais, ça ne vaut pas une bonne petit régression MCO.
@Thomas : je ne sais pas si cela intéressera grand monde mais quand je l'aurai soutenu je ferai probablement un petit billet pour expliquer de quoi il s'agit. Enfin à supposer que le jury ne m'explique pas que c'est une étude idiot sur un sujet inintéressant. En très gros il s'agit d'étudier un cas concret et très particulier dans lequel on peut penser que les agents ont un intérêt stratégique à prédire la valeur future d'une variable économique sur la base d'un modèle qu'ils savent faux, alors même qu'il existe un autre modèle "moins faux". C'est aussi paradoxal que ça en a l'air, et dû au fait qu'il s'agit bien d'un cas très particulier. Mais les conséquences peuvent être tellement importantes qu'on peut se demander si pour d'autres problèmes moins extrêmes ça ne vaudrait pas la peine de s'assurer que des problèmes de ce genre ne se posent pas. Bon en pratique c'est surtout des petits modèles et de la théorie des jeux appliquée. (c'est la dixième fois consécutive que je n'arrive pas du tout à expliquer ce que je fais de manière compréhensible, excusez-moi. ce n'est peut-être pas très bon signe)
Toutafé, Jean-Edouard. Ce qui
Anonyme1 — 14/06/2008 - 15:19Toutafé, Jean-Edouard. Ce qui ramène d'ailleurs en partie le débat vers les normes comptables. On peut cependant réconcilier les deux approches de plusieurs manières : par exemple, en reprenant le problème sous l'angle du recruté plutôt que du recruteur, il suffit de connaître une manière acceptée par l'ensemble des points de vues représentés au sein du recruteur d'établir par un discours raisonné le fait que l'on rapporte plus à être embauché que ce coûte en l'étant (en s'appuyant sur la formalisation existante par axiome de la 2nde théorie du processus de production). Cela ne fournit pas une solution directe au problème lorsque le recrutement est modélisé comme une sélection (on ne peut pas toujours établir pouvoir rapporter plus que ses concurrents), mais on peut jusqu'à un certain point parier qu'il existera un employeur susceptible d'accéder d'embaucher quelqu'un capable de lui montrer qu'il fait une bonne affaire ce faisant. Par ailleurs, l'employeur qui recrute effectivement par sélection n'est pas rationnel : prenons l'exemple des profs : ne serait-il pas plus logique de recruter les personnes capables et acceptant un salaire comparable à leur apport à l'intérêt public dans l'absolu, puis chercher à les affecter là où leur rendement serait maximal (au besoin, en faisant appel à leur propre capacité de jugement) plutôt que d'organiser des concours ? A partir de là, il y a deux façons de voir les choses : soit on admet que le recruteur ne raisonne pas en économiste, (et alors en on déduit qu'il ne faut pas présumer qu'il adoptera un comportement win/win), soit on admet que l'accès au métier d'enseignant n'est pas destiné aux personnes raisonnant en économistes, ce qui pourrait se révéler rendre difficile leur insertion dans une société fonctionnant essentiellement comme une économie de marché, et donc, que les institutions font une faveur au plus grand nombre de personnes possibles en les offrant rente et position sociale, position sociale qui ne peut alors qu'aller décroissante au fur etg à mesure de l'extension de l'économie de marché à des territoires toujours plus étendus de la société.
D'où ma conclusion : le salaire et donc l'attractivité d'un métier dépend de la teneur du discours dominant sur la mesure de la contribution marginale d'un professionnel donné du métier. Comme en ce qui concerne le débat sur les normes comptables, il ne s'agit pas de trouver une vérité profonde, mais de trouver une toise qui soit acceptée comme acceptable dans tous, ce qui est aisé, puisque c'est dans leur intérêt personnel (pécunier) et collectif (attractivité de la corporation).
En marge du sujet
Mego — 18/06/2008 - 13:12En marge du sujet :
http://www.techcrunch.com/2008/06/10/at-glassdoor-find-out-how-much-peop...
Voir aussi ici
DM — 19/06/2008 - 09:45Voir aussi ici :
http://understandingsociety.blogspot.com/2008/06/education-choices-and-p...
"So the question here is an important one: are there cultural values that work against placing a high value on educational attainment ?"
et là :
http://blog.wired.com/defense/2008/06/the-us-military.html
"...But the ultimate sign of the agency's dire straits came a few months later, when a Darpa program manager begged this reporter to enlist at the agency. Talk about desperate."
et là
DM — 20/06/2008 - 18:07http://management.silicon.com/careers/0,39024671,39248837,00.htm
"Anyone that's over 28 or so hasn't really come through that education path. They've taught themselves, they've been on courses that aren't necessarily video game courses - they may be maths or engineering or more general purpose software engineering."
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