Le coin de Donald
Pour la Saint Valentin, dites-lui avec de l’économie...
Emmeline — 13/02/2009 - 00:00
Je sais bien qu’on n’est que le 13, mais le jour où je saurai programmer un billet la veille au soir pour qu’il ne s’affiche que le lendemain matin n’est pas encore venu...

Etant une incorrigible romantique (ou pas – disons, un individu du sexe féminin) mais vivant avec un économiste, je tente tant bien que mal de concilier ces deux aspects a priori assez antithétiques. Etant également portée à la compassion, au sens premier du terme, je ne demande qu’à faire profiter de mon expérience déjà longue les dames ou demoiselles qui débutent dans cet exercice d’équilibriste : si votre cher et tendre vous murmure langoureusement l’une des phrases ci-dessous, sachez l’interpréter correctement et ne pas céder à la tentation de lui rire au nez – ou de lui tourner le dos si vous êtes mal lunée. Etant enfin désireuse de combattre les clichés, j’adresse également ce billet aux jeunes gens souhaitant conter fleurette à une mordue d’économie : voilà comment la transporter…
Si il/elle fait de la microéconomie :
- Mon taux marginal de substitution pour une minute passée avec toi est croissant (Tu es semblable à une cacahuète salée un jeu vidéo complètement addictif enfin bref plus je passe de temps avec toi et plus je suis accro) ;
- Quand je calcule mon programme de consommation optimal, tu es une solution en coin (Je n’aime que toi ; déclaration brûlante, car elle viole la forme la plus généralement acceptée des cartes d’utilité) ;
- Mes préférences sont lexicographiques, et tu es le critère numéro 1 (idem que la précédente ; déclaration extrêmement brûlante)
- Si on appelle C ma fonction de choix, alors pour tout S tel que tu appartiens à S, C(S) = toi (tu es mon premier choix en toute circonstance ; s’il fait en plus de la théorie de la décision) ;
- Je suis prêt à jouer ton maximax (Je fais passer mes intérêts avant les tiens ; s’il fait de la théorie des jeux)
Si il/elle fait de la macroéconomie :
- Depuis que je te connais, mon coeur croit à la croissance endogène (Mon amour pour toi même sans modification de ton taux de cellules graisseuses ne cessera jamais d’augmenter) ;
- Quand tu as battu des cils pour la première fois, j’ai ressenti un choc Moore-Kiyotaki (Le moindre geste de toi me bouleverse profondément) ;
Si il/elle fait de l’économétrie :
- Si on teste un modèle expliquant mon état cardiaque par ta présence, le R2 est de 99%... (Tu me donnes des frissons, et tu es la seule/le seul) ;
- ... et les 1% restant sont dus à une erreur de mesure (vraiment, vraiment la seule ) ;
Si il/elle fait de l’histoire de la pensée économique :
- “Another difference between Milton [Friedman] and myself is that everything reminds Milton of the money supply ; well, everything reminds me of you, but I try to keep it out of my papers” (inutile de traduire ; pour ceux qui ne connaissent pas cette célébrissime citation, elle est de Robert Solow. Simplement, celui-ci étant légèrement moins bien éduqué que moi, il avait utilisé un autre mot que “you”) ;
- Face à toute autre personne, tu peux faire valoir en tout point un avantage non seulement comparatif, mais encore absolu (Tu es le/la plus mieux du monde en tout point) ;
- Tu es mon indestructible source d’aliénation (Marx attacks... fuyez !) ;
- Tu es pour moi ce qu’est la terre aux physiocrates, le travail à Ricardo et les métaux précieux aux mercantilistes (Tu es comme le sel de cuisine)
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